Au pays des sermonneurs

François Cusset  • 11 avril 2013 abonné·es

Que ce soit pour l’invoquer la main sur le cœur, et la soutane au fond d’une chaire, ou la transgresser avec fierté, en exhibant son courage, la morale nous étouffe, elle nous envahit, nous sert d’argument et de logique : pays moisi et transi où, entre les curés, vaste majorité, et ceux qui font pipi dans le bénitier, ostensible minorité, on ne sort plus de ces postures catho-sado-rhétorico-normatives d’avant-hier. Pour ou contre, mais elle est incontournable. C’est même pour ça qu’on n’y respire plus, dans ce pays : pas à cause de je ne sais quelle crise, de l’infamie médiatique ou de la bérézina européenne, non, juste à cause de ce réflexe crétin, qu’ont encore tant de mes compatriotes, de moralisation immédiate de tout ce qui bouge – encore une fois, pour défendre ou bafouer ladite morale, ce qui revient dans

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