Un patron (très) proche du pouvoir
Pierre Gattaz, qui succédera le 3 juillet à Laurence Parisot à la tête du Medef, incarne le retour au premier plan des très influents dirigeants de l’industrie, capables d’entretenir des relations étroites avec le gouvernement.
dans l’hebdo N° 1259 Acheter ce numéro
Le Medef serait-il devenu le principal supporter du gouvernement de Jean-Marc Ayrault ? Assuré d’être intronisé à la présidence du mouvement le 3 juillet, Pierre Gattaz, PDG de Radiall, groupe sous-traitant de l’aéronautique, a récemment livré une inhabituelle profession de foi politique. Le Medef devra « accompagner encore plus » l’inflexion vers la social-démocratie menée par le gouvernement, déclare le futur patron des patrons, le 13 juin, lors d’une conférence de presse avec, à ses côtés, ses ex-concurrents, Patrick Bernasconi et Geoffroy Roux de Bézieux, qui seront vice-présidents délégués de l’organisation patronale. « [Cette inflexion] nous intéresse beaucoup car c’est ce qu’a fait Schröder à une époque », ajoute Pierre Gattaz, faisant référence au vaste programme de réformes économiques et sociales de l’ex-chancelier allemand, mis en place entre 2003 et 2005. Pour l’homme fort du patronat, le gouvernement irait donc dans le bon sens. Mais qu’on ne s’y trompe pas, Pierre Gattaz incarne une ligne dure, celle du Medef dans la pure tradition des grandes familles d’industriels : l’homme préside le Groupe des fédérations