Parutions de la semaine

Politis  • 26 septembre 2013
Partager :

Retraites : l’alternative cachée

Attac-Fondation Copernic, Syllepse, 83 p., 5 euros.

Les économistes d’Attac et de la Fondation Copernic font le pari, avec ce petit livre très argumenté, que les travailleurs, les retraités et les citoyens sont capables de mettre au jour les idées reçues – et fausses – qui accompagnent la quatrième réforme des retraites. Ainsi, la nouvelle réforme repose sur une erreur de diagnostic, reconnue par le Conseil d’orientation des retraites : les déficits annoncés des caisses n’ont rien à voir avec la démographie, ils sont dus, pour des montants équivalents, à la crise, qui bloque l’activité, l’emploi et les cotisations sociales. Ainsi, vouloir diminuer les déficits publics par l’austérité ne fait qu’accroître ces derniers. Pour sortir de cet engrenage, les auteurs proposent plusieurs scénarios concrets pour un nouveau projet de réforme.

Dette : 5 000 ans d’histoire

David Graeber, Les liens qui libèrent, 624 p., 29,90 euros.

Anthropologue et économiste, David Graeber, initiateur d’Occupy Wall Street à New York, s’attaque à l’histoire de la dette pour renverser les théories admises, en particulier le postulat selon lequel les dettes « doivent » être remboursées. Cet ouvrage s’emploie à démontrer que l’endettement est en fait une construction sociale fondatrice du pouvoir : aujourd’hui, les emprunteurs pauvres sont enchaînés aux systèmes de crédit. Et l’histoire montre que le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence, de les faire passer pour morales, « est de les recadrer en termes de dettes – cela crée aussitôt l’illusion que c’est la victime qui commet un méfait ».

Des associations citoyennes pour demain

Didier Minot, éditions Charles-Léopold Mayer, 279 p., 20 euros.

Ce livre ne cherche pas à défendre indistinctement toutes les associations qui relèvent de la loi de 1901. La réflexion est centrée sur les associations citoyennes qui contribuent à la construction du bien commun, défini dans une « charte de principes » élaborée par un collectif. Il s’agit aussi de montrer le travail de centaines de milliers d’associations locales, petites ou grandes, invisibles aux yeux de l’opinion, car seule une minorité d’entre elles se situent dans une logique d’entreprise au sens européen du terme. Les initiatives de citoyens tentent de répondre à la crise globale, financière et écologique. Ainsi, l’action associative suggère la nécessité d’un vaste mouvement de réforme pour les décennies à venir. L’ouvrage nous en fait découvrir quelques aspects.

Idées
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »
Entretien 4 mai 2026 abonné·es

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »

Deux continents, un combat. L’une, Janette Zahia Corcelius, résiste aux raid de l’ICE, la police anti-immigration de Trump. L’autre, Anzoumane Sissoko, lutte pour la régularisation des étrangers depuis vingt-quatre ans. Une rencontre pour penser la résistance transatlantique contre l’autoritarisme et les répressions anti-migratoires.
Par Juliette Heinzlef et Maxime Sirvins
Le fascisme, une hydre aux mille définitions
Essai 30 avril 2026 abonné·es

Le fascisme, une hydre aux mille définitions

Le « fascisme » emporte-t-il le monde ? Jamais éteint, ce vocable est plus utilisé et débattu que jamais. Un nouvel ouvrage collectif s’efforce d’apporter nuance et complexité à ce débat sémantique ô combien politique.
Par François Rulier
La « nouvelle France », un débat qui vient de loin
Analyse 29 avril 2026 abonné·es

La « nouvelle France », un débat qui vient de loin

De la pensée révolutionnaire au nouveau slogan des insoumis, l’universalisme français n’a cessé de muter selon les contextes, révélant une contradiction entre tentation hégémonique et volonté d’ouverture.
Par Juliette Heinzlef et Alix Garcia
Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »
Entretien 27 avril 2026 abonné·es

Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »

En 2012, la sociologue refusait la Légion d’honneur pour dénoncer l’invisibilisation des enjeux de la santé au travail. Quatorze ans plus tard, pour elle, les leçons des précédents scandales sanitaires n’ont pas été tirées. Elle se félicite cependant que les victimes n’hésitent plus à parler.
Par Céline Martelet