Cornelius Castoriadis : L’isolement du visionnaire

François Dosse retrace l’itinéraire mouvementé de Cornelius Castoriadis, philosophe révolutionnaire et psychanalyste.

Olivier Doubre  • 16 octobre 2014 abonné·es
Cornelius Castoriadis : L’isolement du visionnaire
© **Castoriadis. Une vie** , François Dosse, La Découverte, 532 p., 28 euros. Photo : DR

En 2007, lors de la publication d’une anthologie des textes de Socialisme ou barbarie [^2], revue du groupe politique éponyme fondée par Cornelius Castoriadis et Claude Lefort, l’un de ses anciens adhérents, Daniel Blanchard, écrivait en introduction : « Pour qui a participé au groupe Socialisme ou barbarie à un moment quelconque de son histoire longue de près de vingt ans (de 1949 à 1967), le voir aujourd’hui, ici ou là, qualifier de “légendaire”, de “fameux” ou de “mythique” suscite un sentiment d’ironique étrangeté. L’ironie tient à ce que, tout au long de son existence, ce groupe – et la revue du même nom dont il a publié quarante numéros – est demeuré invisible ou quasiment : et voilà qu’une fois mort il devient mythique ! » Nouvelle ironie, l’appréciation peut fort bien s’appliquer à celui qui fut tout au long de l’existence du groupe sa principale tête pensante, son financeur, son animateur, sa figure majeure : Cornelius Castoriadis. Si les philosophes Claude Lefort et Jean-François Lyotard, le sémiologue Gérard Genette et même Daniel Mothé (« l’ouvrier de chez Renault » du groupe), qui, au contact de

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