Départementales: déroute du PS qui entraîne la gauche dans sa chute

Les résultats du scrutin de dimanche ne sont certes pas aussi catastrophiques que certains le craignaient, mais le rejet de la politique du gouvernement se paie au comptant.

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L'exécutif a enregistré dimanche sa quatrième défaite consécutive dans une élection intermédiaire, après les municipales, les européennes et les sénatoriales. La droite sort nettement victorieuse du second tour des départementales ; elle contrôle désormais deux départements sur trois, ce qui n'était plus le cas depuis 1998. Elle ne pâtit que très peu de la poussée du Front national. Le parti de Marine Le Pen, quoique présent au second tour dans 1.109 cantons, où ses candidats obtiennent en moyenne 35 %, ne l'emporte que dans 27 cantons.

Depuis Matignon, où il est intervenu à 20h05, Manuel Valls a reconnu une victoire « incontestable » de la droite républicaine. Mais, comme à l'issue du premier tour, le Premier ministre a minimisé la défaite de son camp, se contentant d'admettre un « net recul » d'une gauche « trop dispersée » . Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis y a vu également « un recul d'implantation sans être une débâcle » . « La gauche résiste » , juge-t-on même à l'Elysée.

Le décompte des pertes infirme ces lectures optimistes du scrutin. La gauche, dans son acception la plus large, perd au moins 27 départements sur 61, peut-être 29. Parmi eux des bastions du PS, comme les Bouches-du-Rhône, à gauche depuis 60 ans, ou le Nord, mais aussi des Côtes-d'Armor, bastion des socialistes en Bretagne depuis 1976. Ces pertes sont aussi chargées de symboles quand ce sont les terres d'élection des principales figures du PS qui passent à droite : le fief de François Hollande (Corrèze), le département de Manuel Valls (Essonne), ceux de Laurent Fabius (Seine-Maritime), Ségolène Royal (Deux-Sèvres), d'Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire) et de Martine Aubry (Nord).

Il s'agit bel et bien d'une déroute du gouvernement et du PS. Le PS ne sauve le Pas-de-Calais qu'à la majorité relative. Les socialistes, qui se consolaient dimanche soir avec le gain surprise de la Lozère, ne sont plus certains d'emporter jeudi le département le moins peuplé de France ; le binôme élu dans le canton de Chirac, qui faisait basculer le rapport de force, ne serait pas aussi à gauche que ce que l'étiquette « divers gauche » que lui avait accolée le ministère de l'Intérieur laissait penser.

Avec 1.028 sièges, contre 1.439 avant le scrutin, les socialistes enregistrent une perte sèche de 411 sièges (-28,6 %) et disparaissent de trois départements (Haute-Savoie, Yvelines et Var). Ce reflux aura des conséquences financières, les conseiller départementaux reversant 5 à 10 % de leurs indemnités au parti. Mais également humaines : après les municipales qui avaient vu 2.000 collaborateurs socialistes perdre leur emploi, ce sont 20 à 50 collaborateurs par département perdu qui vont devoir se trouver un nouvel emploi sur un marché saturé pour cause de défaites à répétition.

Les résultats du Front de gauche n'inclinent pas plus à l'optimisme , même si localement les formations qui le composent peuvent se satisfaire de quelques succès. Le Parti communiste, qui était à la tête de deux départements conserve le Val-de-Marne mais perd l'Allier. Et le Front de gauche perd proportionnellement presque autant de sièges que le PS (24,8 %) : il en revendique 176 à l'issue des deux tours, contre 234 avant le 22 mars, dont 167 pour le seul PCF qui enregistre pour sa part une perte de 21,3 % (il revendiquait 220 sortants).

« Le PCF et le Front de gauche sont donc la 3ème force politique en terme d'élus, derrière l'UMP-l'UDI, le PS, et loin devant le FN » , se félicite le PCF dans un communiqué. Piètre consolation quand les départementales confirment que le rejet du gouvernement par les électeurs, loin de profiter à l'autre gauche, entraîne également cette dernière vers les basses eaux électorales. Et ce n'est pas le résultat des écologistes qui démentira ce constat ; EELV revendique l'élections de 39 conseillers départementaux, dont 30 femmes.


Photo: Meeting PS-PRG-EELV-PCF à Bondy, le 26 mars (Michel Soudais).

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