Génocide arménien : Cent ans de négation turque
À la veille du centenaire du massacre de plus d’un million d’Arméniens, la Turquie parle toujours du « prétendu génocide », s’interdisant toute rupture avec son passé nationaliste.
dans l’hebdo N° 1349 Acheter ce numéro

Doit-on avoir peur de la Turquie ? En se penchant sur la question arménienne, on peut s’interroger sur les capacités de la nation turque à prendre les voies, certes complexes, de la démocratie. Et à regarder les heures sombres de son histoire. Car observer, en 2015, l’approche officielle de l’État turc vis-à-vis de son passé a quelque chose d’hallucinant. On sait qu’il a fallu plusieurs décennies pour que l’on sache comment s’est déroulée la destruction des juifs d’Europe. Et surtout pour qu’on puisse en parler. L’Allemagne contribue à ce travail au premier chef, notamment en termes d’enseignement auprès de sa jeunesse. En Turquie, rien ou presque. ** Aucun monument (et peu de publications) ne commémore officiellement la déportation et l’assassinat planifiés de près d’un million trois cent mille Arméniens de l’Empire ottoman, principalement entre 1915 et 1917, après de nombreux pogroms dès les années 1880. Des exactions qui se poursuivront jusque dans les années 1970.
Tous les autres génocides – crimes contre l’humanité imprescriptibles selon le droit international – sont reconnus par les pays qui les ont commis. Pas celui des Arméniens. L’État turc et une bonne part de la société civile continuent de le nier. À la veille de la commémoration de son centenaire, le 24 avril prochain, en référence à l’arrestation des principaux notables et intellectuels arméniens le 24 avril 1915 à Istanbul, véritable coup d’envoi du génocide, en
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