Génocide arménien : Cent ans de négation turque

À la veille du centenaire du massacre de plus d’un million d’Arméniens, la Turquie parle toujours du « prétendu génocide », s’interdisant toute rupture avec son passé nationaliste.

Olivier Doubre  • 16 avril 2015 abonné·es
Génocide arménien : Cent ans de négation turque
© Photo : mémorial du génocide à Erevan, Arménie / Vahan Stepanyan / Ria Novosti

Doit-on avoir peur de la Turquie ? En se penchant sur la question arménienne, on peut s’interroger sur les capacités de la nation turque à prendre les voies, certes complexes, de la démocratie. Et à regarder les heures sombres de son histoire. Car observer, en 2015, l’approche officielle de l’État turc vis-à-vis de son passé a quelque chose d’hallucinant. On sait qu’il a fallu plusieurs décennies pour que l’on sache comment s’est déroulée la destruction des juifs d’Europe. Et surtout pour qu’on puisse en parler. L’Allemagne contribue à ce travail au premier chef, notamment en termes d’enseignement auprès de sa jeunesse. En Turquie, rien ou presque. ** Aucun monument (et peu de publications) ne commémore officiellement la déportation et l’assassinat planifiés de près d’un million trois cent mille Arméniens de l’Empire ottoman, principalement entre 1915 et 1917, après de nombreux pogroms dès les années 1880. Des exactions qui se poursuivront jusque dans les années 1970.

Tous les autres génocides – crimes contre l’humanité imprescriptibles selon le droit international – sont reconnus par les pays qui les ont commis. Pas celui des Arméniens. L’État turc et une bonne part de la société civile continuent de le nier. À la veille de la commémoration de son centenaire, le 24 avril prochain, en référence à l’arrestation des principaux notables et intellectuels arméniens le 24 avril 1915 à Istanbul, véritable coup d’envoi du génocide, en

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

Crimes de guerre : « Israël justifie n’importe quel bombardement par le concept de nécessité militaire »
Entretien 10 mars 2026 abonné·es

Crimes de guerre : « Israël justifie n’importe quel bombardement par le concept de nécessité militaire »

Juriste spécialisée en droit de la guerre, Sarah Kay analyse la stratégie d’Israël et des États-Unis dans leur guerre contre l’Iran au regard du droit international, largement bafoué par les États.
Par William Jean
Écolières tuées en Iran : de nouveaux éléments resserrent l’étau sur les États-Unis
Enquête 9 mars 2026 abonné·es

Écolières tuées en Iran : de nouveaux éléments resserrent l’étau sur les États-Unis

Une vidéo montre un missile états-unien Tomahawk frapper une base navale iranienne à proximité immédiate de l’école de filles de Minab, détruite le 28 février et où plus de 160 personnes, dont de nombreux enfants, ont été tuées. Cette séquence constitue l’élément visuel le plus direct apparu jusqu’ici dans l’enquête sur ce massacre.
Par Maxime Sirvins
« Aux États-Unis, il y a une majorité de gauche qui existe déjà »
La Midinale 5 mars 2026

« Aux États-Unis, il y a une majorité de gauche qui existe déjà »

Tristan Cabello, historien spécialiste des États-Unis, maître de conférence à l’université John Hopkins et auteur de La victoire de Zohran Mamdani à New York. Un laboratoire pour la gauche (éditions Textuel), est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
Espagne : la gauche radicale cherche sa voie
Monde 4 mars 2026 abonné·es

Espagne : la gauche radicale cherche sa voie

Yolanda Díaz ne sera plus candidate à la présidence du gouvernement espagnol. L’actuelle vice-présidente, ministre du Travail et leader de la coalition Sumar l’a annoncé le 25 février, au milieu d’un vif débat sur la recomposition de la gauche de la gauche outre-Pyrénées.
Par Pablo Castaño