Tunisie : Les enfants perdus de la Révolution
REPORTAGE. À l’origine du Printemps arabe, les jeunes ont été écartés de la reconstruction démocratique du pays. Leur frustration grandit alors que les perspectives d’emploi sont toujours aussi bouchées.
dans l’hebdo N° 1350 Acheter ce numéro

Et si l’on vous propose un poste là-bas ? « On file direct ! » Qatar, Dubaï, Arabie Saoudite, peu importe le régime ou la longitude, mais du travail. Issam Balti avait un contact avec la Libye, « mais il s’est évaporé l’été dernier, les islamistes ont détruit les installations… » Stagiaire à l’aéroport de Tunis, 24 ans, il ne se berce pas d’espoir. Quatre ans après la chute de Ben Ali, le 14 janvier 2011, le nombre de diplômés chômeurs – catégorie à part entière, avec ses associations – est passé de 400 000 à 700 000, chiffrant l’énorme inadéquation du système éducatif avec le monde du travail. Fin mars, Issam participe à l’un des débats du Forum social mondial (FSM) à l’université El Manar de Tunis – « Comment faire de la politique autrement ? » « Je n’ai pas de piste, tranche son collègue Mohamed Mzoughi. C’est pour cela que je ne m’intéresse plus à la politique. Elle doit servir à changer la vie. Or, nous n’avons rien vu venir depuis 2011. »
Il rappelle que le soulèvement a été mené par des jeunes au chômage qui revendiquaient un horizon économique et le démantèlement du clientélisme. « On avait été éduqués à faire allégeance au RCD de Ben Ali pour trouver du boulot. On ne veut plus de ça. Et pourtant… » En colère, il dénonce le gros coup de piston dont viennent de bénéficier deux de ses voisins pour intégrer une banque sans la moindre qualification. Il a vu les jeunes se bousculer à l’Union patriotique libre (centre, libéral) du très riche homme d’affaires Slim Riahi, attirés
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