Les députés français approuvent l’asservissement d’une nation
Retrouvez les moments clés du débat sur l’accord UE-Grèce à l’Assemblée nationale, ainsi que les déclarations des opposants à l’accord qui manifestaient aux abords du Palais Bourbon.

L'Assemblée nationale et le Sénat votent cet après-midi pour donner leur aval à l'accord sur la Grèce. Ce texte, adopté lundi matin, après 17h de réunion des chefs d'Etat et de gouvernement évite certes à la Grèce de sortir de la zone euro, mais à quel prix ? Sous la pression d'un étranglement financier orchestré par la BCE depuis février, Alexis Tsipras a accepté de signer « pistolet sur la tempe » un accord auquel il « ne croit pas ». -Un plan qui reproduit en les aggravant les recettes des deux précédents plans qui n'ont qu'aggraver les conditions de vie des grecs sans améliorer la situation économique de leur pays. -Un accord qui va encore accroître la dette de la Grèce, jugée « totalement non viable » par le FMI.
Le texte issu de l'Euro sommet (à lire ici en intégralité) exige en revanche, entre autres dispositions : -que le gouvernement grec reviennent sur les lois adoptées depuis l'arrivée au pouvoir de Syriza, à l'exception de la loi humanitaire, ce qui revient à annuler le résultat des élections du 25 janvier ; -que le gouvernement consulte les institutions (euphémisme qui désigne la Troïka) et convienne avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés par l'accord (c'est-à-dire à peu près tout) avant de le soumettre à la consultation publique (référendum) ou au Parlement, ce qui constitue une inédite atteinte à la souveraineté d'un état membre.
Face à la violence de ce texte qui propose rien moins que l'asservissement d'une nation, la gauche européenne est face à ses responsabilités. Les parlementaires sont divisés dans tous les groupes; seuls les députés de gauche ont clairement annoncé qu'il voteront contre.
Les débats au Palais Bourbon et au Sénat auront lieu à partir de 16H15. Le Premier ministre, Manuel Valls, ouvrira la discussion devant les députés au nom du gouvernement, avant une intervention des présidents des différents groupes, puis un vote attendu aux alentours de 17H45. ****
16h00 Une trentaine d'opposants à l'accord ont commencé à se rassembler aux abords de l'Assemblée nationale.
16h10 Après l'arrivée d'une importante délégation du Parti de gauche, Syriza Paris dénonce «le chantage odieux d'une minorité infime de social-traitres» . «Le peuple grec qui a donné sa réponse retentissante en votant non, continuera de se battre. Cet accord est inacceptable. C'est le racket qui est instauré comme mode de relation international. L'oligarchie veut que l'état social soit démantelé avant la faillite. Contre ce projet de colonisation les peuples d'Europe doivent constituer un large front de résistance. Ensemble nous vaincrons. Pour protéger le droit des peuples d'être maitre en leur maison. »
16H20 La députée Isabelle Attard (apparenté Ecolo) annonce aux manifestants que le député Sergio Coronado votera «non» également: «Nous ne sommes pas obligé de choisir entre la peste et le choléra, nous.»
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