Tunisie : « Patience », les pauvres !

Un étrange discours du Premier ministre tunisien, Habib Essid.

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C’est un étrange discours que le Premier ministre tunisien, Habib Essid, a tenu, le 23 janvier, aux manifestants de la région de Kasserine après une semaine de contestation sociale. « Les solutions existent, leur a-t-il dit, mais il faut un peu de patience et d’optimisme. » S’exprimant après le conseil des ministres, il n’a annoncé aucune mesure concrète. Cet appel à la « patience » à l’adresse d’une population qui connaît le chômage à plus de 30 % dans le centre du pays témoigne du désarroi du gouvernement. Les manifestations ont débuté le 16 janvier à Kasserine, lorsqu’un chômeur de 16 ans est mort électrocuté après être monté sur un poteau. Une situation qui a rappelé que la révolution de 2010 avait débuté dans des circonstances comparables, non loin de là, à Sidi Bouzid, quand Mohamed Bouazizi s’était immolé par le feu. Depuis six ans, la population de cette région particulièrement pauvre du pays n’a guère vu d’amélioration. Il est vrai que le gouvernement n’a aucune marge de manœuvre économique. Les progrès enregistrés depuis la chute de Ben Ali, en janvier 2011, ont surtout été démocratiques. C’est d’ailleurs ce que n’a pas manqué de rappeler Habib Essid. La crise économique s’est aggravée, notamment en raison de la désaffection des touristes à la suite des attentats qui ont frappé le pays en 2015. La Tunisie est aussi devenue le plus gros pourvoyeur de jihadistes en Irak et en Syrie.


Photo : FETHI BELAID / AFP

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