Cologne : à qui profite le crime ?
Les agressions sexuelles de la Saint-Sylvestre, dont les suspects identifiés à ce jour sont de jeunes migrants, ont crispé le débat sur les demandeurs d’asile.
dans l’hebdo N° 1389 Acheter ce numéro

« Mais qu’est ce qui s’est passé à Cologne le 31 décembre ? », demande cette jeune femme syrienne arrivée en Allemagne il y a quelques semaines seulement. « J’ai vu des choses circuler, mais je n’ai pas bien compris. » Difficile de lui répondre précisément, tant la situation est complexe et les informations fiables encore parcellaires sur les centaines d’agressions sexuelles et les vols commis dans cette ville d’un million d’habitants la nuit de la Saint-Sylvestre.
Le 1er janvier, la police de Cologne avait d’abord annoncé un réveillon « paisible ». Ce n’est que quelques jours plus tard, à mesure que les plaintes pour agressions sexuelles se multipliaient, que le drame de cette soirée a été révélé : des agressions en série perpétrées par des hommes amassés sur la place centrale, là ou un millier de personnes se trouvaient pour suivre les feux d’artifice du Nouvel An, et dans la gare juste en face.
Après avoir été accusée de taire les faits, la police n’a commencé à communiquer avec précision que plusieurs jours après les événements. Le 21 janvier, le ministère de l’Intérieur de la région de Rhénanie-du-Nord--Westphalie a finalement rendu public un rapport de plus de cent pages sur les agressions qui se sont produites à Cologne et dans trois villes alentour – Düsseldorf, Bielefeld et