Fifa : un scandale qui date

A la veille de l’élection du prochain président des instances internationales du foot, Arte diffuse ce mardi 23 février un documentaire éclairant sur les origines et les pratiques de l’organisation.

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L’année 2015 aura été riche en événements au sein de la Fifa. Avec, pour commencer, l’arrestation de plusieurs dignitaires par la justice américaine pour « corruption, racket, fraude et blanchiment », « pots de vin et rétro-commissions », parmi 47 chefs d’inculpation, diverses perquisitions chez d’autres responsables, la réélection, pour un cinquième mandat, de Sepp Blatter, avant sa spectaculaire démission, puis l’opposition et les coups bas entre le boss et son dauphin, Michel Platini.

Ce 26 février, tandis que la grande lessive est toujours en cours, et plusieurs têtes entre les mains de la justice (pas seulement américaine mais suisse également), la Fifa doit élire un nouveau président. C’est dans cette perspective que s’inscrit ce documentaire de Jean-Louis Perez, Planète Fifa, remontant aux origines d’une association à but non lucratif, fondée par un Français, Jules Rimet, en 1904, créant sa Coupe du monde en 1930, avant de changer d’ère une quarantaine d’années plus tard, en 1974, avec Joao Havelange, bouleversant la donne économique. En manœuvrant d’abord avec son propre argent pour être élu (notamment par les voix de 14 fédérations africaines, en épongeant leurs dettes). Surtout en s’occupant des droits télé. Les revenus seront exponentiels. Après les droits télé, viendront les négociations juteuses avec les sponsors, de Coca Cola à Adidas, avec un dauphin de choix, dès 1975, Joseph Blatter, dit Sepp. Le premier décide, le second exécute, dans un opacité complète (sachant que la corruption, en Suisse, n’est pas un délit, alors, jusqu’en 2008). Les deux s’entendent comme larrons en foire, avant que ne suivent rivalités et concurrences (et forcément la relation entre Havelange et Blatter rappelle celle entretenue entre le même Blatter et Platini. Un mentor d’abord, des ennemis ensuite).

Pendant 24 ans, les mandatures de Blatter seront ponctuées de corruptions, de pots-de-vin (sous couverts de développements louables), cependant que la Fifa s’enrichit, en toute impunité. Coulisses sulfureuses et sommes faramineuses (10 millions de dollars pour l’attribution de la Coupe du monde en Afrique du Sud en 2010… Combien pour le Qatar en 2022 ?)… Au gré des continents, pour saisir cet empire tentaculaire, le réalisateur recueille les témoignages de plusieurs protagonistes, du petit-fils de Jules Rimet à Jacques Vendroux, inénarrable défenseur de Platini, en passant par différents cadres des instances. A l’exception de Blatter et de Platini, qui n’ont pas voulu répondre aux sollicitations du réalisateur.

Ce 26 février donc, cinq candidats sont en lice pour remplacer le parrain. Le prince jordanien Ali ben Hussein, le Cheikh bahreïnien Salman Bin Ibrahim Al Khalifa, l’italo-suisse Gianni Infantino, le Français Jérôme Champagne (dauphin de Platini) et l'homme d'affaires sud-africain Tokyo Sexwale. Tous sont issus du système Blatter.


Planète Fifa, mardi 23 février, à 20 h 55, sur Arte (1h35).

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