Stéphane Mercurio, l’élégance au scalpel
Son dernier documentaire, autour de résidents d’un camping à l’année, est diffusé le 19 février sur Arte. Rencontre avec une réalisatrice portée par un cinéma de la juste distance.
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© Capucine de Chabaneix pour Politis
Fin janvier, à Biarritz, une projection publique au Festival international des programmes audiovisuels (Fipa). Devant une salle comble, Stéphane Mercurio présente son nouveau film documentaire, Quand la caravane reste. Exercice difficile, consistant à parler d’une œuvre que le spectateur n’a pas encore vue, auquel la réalisatrice s’emploie sur un ton feutré, le sien, avec un phrasé chaleureux, un regard pétillant. Entre le dire et ne pas tout dire, fin sourire esquissé, elle relate la genèse du film. Comment parler du logement, ou du mal---logement, de précarité, autrement ? Cette Caravane, c’est l’histoire de résidents à l’année dans un camping. Encore fallait-il trouver le camping ouvert toute l’année (la loi ne l’autorise pas, c’est au bon vouloir des autorités locales), éviter la carte postale balnéaire, les clichés dispensés déjà à l’écran. Pour le coup, au bout des repérages, le tournage s’est déroulé au camping Le Large, à Villars-les-Dombes, enclavé dans l’Ain (il faut attendre le générique de fin pour connaître les lieux). Terrain fécond, vivier de caractères, de destinées, formidable abri après les coups encaissés, les revers de fortune.
Quelques semaines plus tôt, Stéphane Mercurio s’est rendue au camping pour une première projection. Un autre exercice. « Là, on a peur, non pas que les gens aient un jugement sur le film, avec ses défauts et ses qualités, mais qu’ils ne s’y
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