Un remaniement et un reniement

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Le remaniement ministériel était annoncé depuis les régionales. Des indiscrétions savamment distillées nous laissaient imaginer que François Hollande cherchait à élargir sa majorité en s'adjoignant les services de figures populaires. C'était le sens de son offre à Nicolas Hulot. Las l'écologiste baroudeur l'a décliné. Martine Aubry, à qui une rumeur de presse attribuait le Quai d'Orsay, a dû faire savoir qu'elle n'était pas intéressé. Quarante-huit heures plus tard, le résultat est là : gageons que l'effet sera nul.

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A défaut de parvenir à élargir sa majorité, le Président de la République a augmenté le nombre de maroquins à distribuer : 38 contre 32 précédemment. Mais ce jeu de chaises musicales n'annonce aucun changement d'orientation politique. On ne compte dans les nouveaux ministres aucun frondeur, ni aucun « aubryiste ». Mieux, Marylise Lebranchu, que l'on a longtemps étiqueté ainsi s'en va. Côté PS, François Hollande ne renforce donc pas ses bases. Certes, il repêche le fidèle Jean-Marc Ayrault qui avait eu l'automne dernier le front de se souvenir que les socialistes avaient été élus sur une promesse de réforme fiscale. Il remplace Laurent Fabius au Quai d'Orsay. Un ancien premier ministre succède à ce poste à un ancien premier ministre. La nomenklatura socialiste sait soigner les siens.

Elle peine en revanche à séduire hors de son cercle étroit. François Hollande n'est parvenu à attirer dans ses filets que trois soldats perdus de l'écologie. Trois parce que le gouvernement Ayrault en comptait deux (Cécile Duflot et Pascal Canfin). Cela résume l'ambition de ce qui n'est guère plus qu'un affichage. Un coup de com' dont le moindre coup de maître n'est pas le débauchage d'Emmanuelle Cosse, jusqu'ici secrétaire nationale d'Europe écologie-Les Verts, qui, contre l'avis de son propre parti, a choisi seule de rejoindre le gouvernement de Manuel Valls. Un reniement pour cette ancienne présidente d'Act-Up, si l'on veut bien se souvenir des déclarations qu'elle faisait, il y a quelques jours encore.

C'est que pour les ambitieux qui œuvraient depuis des mois au sabordage d'Europe écologie – Les Verts, ce remaniement était, on peut le dire, la dernière station avant le désert. Au moins pourront-ils dire en 2017 : « J'ai été ministre. » Même si deux d'entre eux, Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé, ne sont que sous-ministres.

La situation est quelque peu différente pour Jean-Michel Baylet. Le PDG du groupe la Dépêche n'avait pas été ministre depuis Pierre Bérégovoy. Il avait refusé d'entrer au gouvernement de Manuel Valls lors d'un précédent remaniement, mais à 69 ans, le patron des radicaux de gauche, le seul parti digne de ce nom encore allié au PS, a dû se dire que l'occasion ne se représenterait pas de sitôt.


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