Ces socialistes qui disent non
Bien au-delà des rangs des habituels frondeurs, le projet de loi El Khomri indispose de nombreuses sections et fédérations socialistes, qui n’hésitent plus à le faire savoir.
dans l’hebdo N° 1395 Acheter ce numéro

« Trop, c’est trop. » En titrant ainsi sa tribune, publiée dans Le Monde du 25 février, Martine Aubry a su traduire l’exaspération de nombreux militants socialistes choqués par l’avant-projet de loi de réforme du code du travail. Le 5 mars 2013, ils n’étaient que trois parlementaires, Marie-Noëlle Lienemann, Jérôme Guedj et Pascal Cherki, à s’afficher au départ de la manifestation convoquée par la CGT, FO et Solidaires, contre l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi que le gouvernement s’apprêtait à transposer dans la loi. Le 9 mars dernier, pour la première manifestation contre le projet de réforme du code du travail, ils étaient une quinzaine à se joindre aux manifestants. Et, pour la première fois depuis 2012, les Jeunes Socialistes (MJS) étaient dans la rue. Comme de nombreux militants du parti de la rue de Solférino.
Certes, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, avait involontairement ouvert les vannes de la contestation en déclarant le 18 février qu’il « aurait du mal à voter [le texte] dans l’état ». On a vu des élus plutôt