La Pologne refuse les migrants
Le nouveau pouvoir est ultra-conservateur et nationaliste. Ses opposants craignent un isolement du pays sur la scène européenne. Reportage.
dans l’hebdo N° 1393 Acheter ce numéro

Samedi 27 février, des dizaines de milliers de manifestants se sont de nouveau retrouvés dans les rues de Varsovie pour protester contre le tour autoritaire du nouveau gouvernement polonais. En octobre dernier, le parti nationaliste ultra-conservateur Droit et Justice (PIS) est sorti vainqueur du scrutin législatif et, depuis, légifère tous azimuts pour prendre la main sur la Cour constitutionnelle, les médias, la justice, etc. « Le PIS pratique la stratégie du salami. Ils prennent une tranche de liberté, puis une autre, puis une autre… Comme Poutine l’a fait, comme Erdogan le fait. On connaît le résultat, cela peut être désastreux », analyse Bartek, militant au Comité pour la défense de la démocratie (KOD), un mouvement citoyen créé après les élections pour protester contre les mesures liberticides du nouveau gouvernement.
Un café de Varsovie sert de second QG au KOD. Bartek, cadre dirigeant dans une entreprise privée, y retrouve d’autres activistes du Comité. Sont présentes Hanna, responsable du marketing dans une entreprise, Weronika et Anna, enseignantes à l’université. Ils ont entre 30 et 50 ans. Aux dernières élections, ils ont voté soit pour la Plateforme civique, un parti de centre-droit qui était au pouvoir ces huit dernières années, soit pour un nouveau parti néolibéral, Moderne. Aucun des quatre militants n’était