Loi travail : Une mobilisation à durée indéterminée ?

Un mois et demi après les premières indiscrétions sur le contenu du texte, les conditions semblent réunies pour un conflit de longue haleine.

Michel Soudais  • 30 mars 2016
Partager :
Loi travail : Une mobilisation à durée indéterminée ?
© Photo : JEFF PACHOUD/AFP

Un mois et demi après les premières indiscrétions sur le contenu de ce qu’il est convenu d’appeler « la loi travail », la contestation reste vive. Les concessions cosmétiques du gouvernement, présentées à grands sons de trompe comme le résultat d’une concertation en réalité de pure forme, n’y ont rien changé. Le projet de loi adopté en Conseil des ministres le 24 mars, dont nous décryptons les principaux aspects dans les pages qui suivent, est toujours inacceptable pour les sept syndicats qui demandent à nouveau son retrait dans la rue, ce 31 mars. Quelle que soit l’importance de la mobilisation ce jour-là, qui exprime « un mécontentement plus général », nous dit la politiste Sophie Béroud (p. 25), ils ont prévenu le gouvernement qu’ils n’en resteront pas là si celui-ci s’obstine. De leur côté, les étudiants et les lycéens, remontés contre les violences policières, réfléchissent à diversifier leurs formes d’action.

Les conditions semblent réunies pour un conflit de longue haleine. D’abord parce que l’examen du texte par l’Assemblée et le Sénat va s’étaler au moins jusqu’à l’été. Mais surtout parce que ce projet de loi libéral, souvent présenté comme la dernière réforme d’importance du quinquennat, n’est que le premier volet d’une refonte complète du code du travail, qui ne trouvera son achèvement (et son point d’équilibre) qu’en 2018. Ce calendrier fait d’ores et déjà de cette réforme, réclamée par Bruxelles et le Medef, un enjeu des échéances électorales de 2017. Un enjeu d’autant plus vif qu’il touche à la vie quotidienne de tous les actifs, qui sont aussi la majorité des citoyens. La bataille ne fait que commencer.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Faisons de cette primaire un référendum pour l’union de la gauche »
Entretien 21 mai 2026

« Faisons de cette primaire un référendum pour l’union de la gauche »

Benjamin Lucas-Lundy, le coordinateur national de Génération.s, se présente à la primaire des unitaires. S’il remporte le vote, il tentera de s’entendre avec Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Raphaël Glucksmann et tous ceux qui font cavalier seul.
Par Lucas Sarafian
Entre Mélenchon et les divisions socialistes, les unitaires rêvent de sortir du bourbier
Analyse 21 mai 2026 abonné·es

Entre Mélenchon et les divisions socialistes, les unitaires rêvent de sortir du bourbier

Bloqués par les divisions internes au Parti socialiste et fragilisés par l’accélération de la campagne du leader insoumis, les unitaires croient toujours en leur destin. Même si certains commencent à penser à des plans B.
Par Lucas Sarafian
Plans sociaux : comment l’IA commence à remplacer les journalistes
Enquête 15 mai 2026 libéré

Plans sociaux : comment l’IA commence à remplacer les journalistes

Depuis le mois de janvier, les annonces de suppressions de postes s’enchaînent dans les groupes de presse français. Plusieurs centaines de journalistes vont perdre leur travail et des postes vont disparaître dans les rédactions… au profit de l’intelligence artificielle.
Par Céline Martelet
La Chine, révélatrice des tensions à gauche sur les enjeux internationaux
Analyse 15 mai 2026 abonné·es

La Chine, révélatrice des tensions à gauche sur les enjeux internationaux

Alors que Donald Trump termine son voyage diplomatique à Pékin, en France, les formations de gauche ne cachent pas leurs divergences sur la position à tenir vis-à-vis de Xi Jinping. Même si les positions, en réalité, ne sont pas si éloignées.
Par William Jean et Martin Eteve