SNCF : les dix scandales
Autrefois fleuron français, la compagnie nationale souffre désormais d’une très mauvaise réputation auprès des usagers. Entre les prix élevés, les retards et de graves manquements en matière de sécurité, et en attendant l’ouverture prochaine à la concurrence.
dans l’hebdo N° 1396 Acheter ce numéro

Avalanche de mauvaises nouvelles pour les usagers du rail. En trois mois, la SNCF a annoncé la fermeture de 6 lignes, la suppression de 1 400 emplois et la mise en place d’une facturation de l’échange des billets. Elle a essuyé des révélations en cascade sur l’état inquiétant de ses 30 000 kilomètres de voies, a été poursuivie en justice par un département qui s’estime lésé par la desserte d’un TGV, et le président de la branche infrastructures a brusquement démissionné, face à l’insoluble équation que lui impose le gouvernement.
Le train a beau être le mode de transport le moins polluant, il traverse une crise majeure, conséquence de décennies de sous-investissement. La mise en concurrence et l’intensification du travail sont présentées comme des solutions miracles. Pourtant, la SNCF se comporte déjà comme une entreprise privée. Et cela n’est pas toujours conciliable avec sa mission de service public et le « droit au transport », inscrit dans la loi.
Des tarifs à s’arracher les cheveux
Un prix au kilomètre qui change du tout au tout ; des tarifs qui varient du simple au triple d’un passager à l’autre; des trains vides et néanmoins hors de prix : c’est peu dire que les tarifs de la SNCF sont incompréhensibles. En cause, un algorithme de gestion «fine», en anglais yield management, qui fixe les prix en temps réel en fonction de l’état du marché et des comportements du consommateur.
Cette technique mise en place à partir de 1993 sur les lignes avec réservation obligatoire permet à la SNCF de remplir ses trains tout en se rapprochant au maximum du prix qu’un voyageur est prêt à consentir. Selon une étude du CLCV, Association nationale de défense des consommateurs et usagers, en 2013, les trains au départ des villes de région sont un tiers plus chers que les trains au départ de Paris. Leur taux de remplissage, plus faible, inciterait la SNCF à pratiquer des prix plus élevés. On est donc loin de la notion de prix kilométrique, progressivement abandonnée à partir des années 1960, ou bien de la loi de « l’offre et la demande ». Le principe « d’égalité d’accès au service public » est en revanche sérieusement écorné.
Pour toute régulation, l’État se contente de fixer un prix maximum pour un millier de trajets en seconde classe. Ce sont ces tarifs que la SNCF facture en dernière minute pour les trains pleins à craquer. Depuis 2011, hors de ces plafonds légaux, elle jouit d’une « liberté tarifaire » totale, qui met fin notamment à l’encadrement des périodes creuses et des périodes de