Manuel Valls confesse des « erreurs », mais rarement les siennes

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Dans un long entretien au quinzomadaire Society, à paraître vendredi, Manuel Valls revient sur les difficultés à faire accepter la loi Travail :

Nous avons manqué au moins d’un temps de discussion et de négociations avec les partenaires sociaux, admet le Premier ministre. Quand une mauvaise interprétation est faite sur un projet, pour convaincre ensuite, c’est plus long et plus difficile.

Selon Manuel Valls, quatre difficultés, qu’il présente comme des « erreurs » plus imputables au PS, à François Hollande ou Jean-Marc Ayrault qu’à lui-même, compliquent la situation. « La gauche s’est mal préparée à l’exercice du pouvoir », affirme-t-il : une opposition « parfois trop systématique » à Sarkozy l’a empêché de trancher « toute une série de questions : l’Europe, la place de l’État et des services publics, la question migratoire ».

La deuxième erreur a été « de ne pas avoir tenu compte du rapport de la Cour des comptes sur la dégradation des finances publiques » sous Sarkozy, « ni de l’analyse sur l’état de la compétitivité de nos entreprises », alors que lui avait « défendu pendant la primaire de 2011 un pacte entre le pays et les entreprises ».

La troisième est d’avoir « cru », ce qui n’était pas son cas précise-t-il, « que la société était moins dure alors qu’elle était davantage sous tension ». Enfin, la quatrième « c’est que nous n’assumons pas ce que nous faisons (…) dans le domaine économique ni dans celui de la sécurité ».

Le chef du gouvernement affirme par ailleurs que « la confrontation (…) entre ce qu’on appelle les frondeurs et le gouvernement (…) affaiblit considérablement » ce dernier « depuis le début du quinquennat », alors que l’apparition des frondeurs coïncide avec son accession à Matignon, le 1er avril 2014. Il regrette en revanche qu’en 2012 François Hollande n’ait « pas tendu la main à François Bayrou », « un acteur de l’élection ». Erreur qu’« il ne faudra pas répéter » en 2017, annonce-t-il. Les électeurs sont prévenus.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents