Dossier : Amérique du Sud : La gauche en panne

Amérique du Sud : La gauche en panne

Depuis six mois, les gouvernements de gauche alignent les défaites en Amérique du Sud. Alors que début 2010, neuf pays du continent étaient dirigés par des exécutifs progressistes.

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À qui le tour ? Depuis six mois, les gouvernements de gauche alignent les défaites en Amérique du Sud. En novembre 2015, en Argentine, Mauricio Macri (centre droit) bat le candidat de la présidente sortante, Cristina Kirchner. Un mois plus tard, au Venezuela, Nicolás Maduro prend une claque, la première pour la gauche depuis l’accession d’Hugo Chávez au pouvoir en 1998 : l’opposition remporte 60 % des sièges de députés. En février dernier, première déconvenue dans les urnes pour Evo Morales depuis son arrivée à la tête de la Bolivie en 2005 : c’est « non » lors du référendum où il demandait le droit de modifier la Constitution pour briguer un quatrième mandat. En avril, la gauche est éliminée au premier tour de la présidentielle péruvienne. Et le 10 mai, au Brésil, Michel Temer (centre droit) chasse Dilma Rousseff. La présidente brésilienne est éloignée du pouvoir, au moins jusqu’à l’automne, à la suite d’un vote du Sénat validant la suspicion de « crime de responsabilité ». Un « coup d’État parlementaire », selon la gauche, qui met fin à quatorze ans de gouvernement pour le Parti des travailleurs depuis l’élection de Lula en 2002.

Début 2010, conjonction inédite, neuf pays du continent étaient dirigés par des exécutifs progressistes, une déferlante rose qualifiée de « deuxième indépendance » qui n’épargnait que la Colombie, le Guyana et le Suriname. Ces récents revers politiques annoncent-ils la « fin d’un cycle » ? S’il est hâtif de le prédire, il ne s’agit pas de péripéties coïncidentes pour autant. Après plus d’une décennie de vent dans le dos, les gauches latino-américaines sont confrontées à des défis nouveaux qui les obligent à interroger leurs erreurs.


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