« La Chine est un État bourgeois ! »
Il y a cinquante ans, éclatait la Révolution culturelle sous l’impulsion de Mao Zedong. Aujourd’hui, ce passé est considéré comme encombrant par le pouvoir, comme en témoigne l’universitaire Hongsheng Jiang.
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C’était il y a cinquante ans. Dans une circulaire dénonçant les « représentants de la bourgeoisie infiltrés dans le Parti, le gouvernement, l’armée et les différents secteurs du domaine culturel », Mao Zedong appelle le peuple chinois à se soulever. Prélude à ce qu’on appellera la « Grande Révolution culturelle prolétarienne », qui durera presque dix ans. Affaibli par l’échec de sa politique de développement du Grand Bond en avant, Mao s’appuie sur la jeunesse pour tenter de reconquérir le pouvoir perdu. Avec l’appui de l’appareil de propagande et de l’armée, commandée par l’un de ses fidèles, il entend purger le Parti communiste.
Des groupes de jeunes Chinois, inspirés par la lecture du Petit Livre rouge, vont alors devenir le bras actif de cette révolution. En lutte, prétendument, contre l’embourgeoisement et la toute-puissance de la bureaucratie, les « gardes rouges » remettent en cause toute hiérarchie, notamment celle du Parti communiste. Reconnaissables à leurs brassards rouges, ce sont ces millions de jeunes qui viennent remplir la place Tiananmen pour soutenir Mao en 1966.
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