Ventes d’armes : Grands principes et gros bénéfices
La France ne manque jamais une occasion de proclamer son attachement aux droits de l’homme. Mais elle continue de vendre des armes à des régimes qui les bafouent quotidiennement.
dans l’hebdo N° 1410 Acheter ce numéro

En 2012, François Hollande, candidat socialiste à l’élection présidentielle, prend l’« engagement » – parmi beaucoup d’autres – que, s’il est élu, il portera « haut la voix et les valeurs de la France dans le monde ».
Un an après son élection, son ministre des Affaires étrangères de l’époque, Laurent Fabius, se félicite chaudement, le 2 avril 2013, de « l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies, à une forte majorité, du Traité sur le commerce des armes (TCA) ». Il s’agit selon lui d’« une très bonne nouvelle », car c’est « la première fois » que « la communauté internationale se dote d’un instrument juridiquement contraignant pour réguler » ces transactions. Il ajoute : « C’est une avancée majeure pour le droit humanitaire international et les droits de l’homme, placés au cœur des critères que les États parties s’engagent à respecter pour réguler les transferts d’armes à travers leurs dispositifs nationaux de contrôle. » Puis, enfin, il précise que « la France », fidèle en cela à la promesse faite en 2012 par son président, « a pris une part active dans la négociation et fait preuve d’un engagement déterminé, à la mesure de ses ambitions » : c’est – devine-t-on – ce qui l’autorise, drapée dans ses principes, à donner de sa voix (et de ses valeurs) pour « encourager les États membres des Nations unies à signer et ratifier rapidement ce traité ».
Sauf que : dans le même temps qu’elle exhorte