Yannick Jadot : « Je veux redonner de la crédibilité à l'écologie »

Il arrive en tête avec 35,61% des suffrages du premier tour de la primaire écologiste. L'outsider Yannick Jadot revient sur les raisons de ce succès.

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Sur le fond, il n'y avait pas de vraies divergences entre les programmes des candidats. Qu'est-ce qui a fait la différence ?

Yannick Jadot : Ce qui a fait la différence, c'est que j'ai souhaité parler vrai. Y compris sur la trajectoire de relance de l'écologie politique. Je veux remettre l'écologie au cœur de notre discours, de notre projet et, surtout, je veux lui redonner de la crédibilité. Et ce, grâce à mon expérience dans l'écologie politique et associative. Dans le cadre de l'écologie associative, j'ai dirigé les campagnes de Greenpeace, j'ai fait le Grenelle de l'environnement et j'ai poursuivi mon engagement dans l'écologie politique avec Europe écologie. Donc je souhaite redonner ce souffle ! Ce souffle qui a fait qu'à un moment donné, l'écologie politique était forte dans l'opinion publique, attisait la curiosité des Françaises et des Français et les ont amenés, potentiellement, à voter pour nous.

Cécile Duflot craignait l'effet « tout sauf Duflot ». C'est ce qu'il s'est produit, d'après vous ?

Je ne crois pas. Certainement, Cécile Duflot paie injustement les responsabilités qu'elle a exercées au gouvernement. Elle paie aussi, peut-être, une volonté de renouvellement à la tête de ce parti. Mais depuis des mois, je laboure le terrain de cette primaire, je suis allé dans beaucoup d'endroits à la rencontre des militants. Je crois que c'est ça, aussi, qui a été payant pour moi.

Ce n'est pas la première fois qu'un « favori » est défait par un « outsider ». On se souvient de Nicolas Hulot face à Eva Joly. Comment expliquez-vous cela ?

Les écologistes sont des électeurs libres. Ils ne répondent pas à des scenarii conçus notamment par les médias qui disent : « Voilà, nous, de loin, comment on voit le scénario. » Les écologistes, quant à eux, n'auraient plus qu'à se plier à ce schéma-là. Je ne dis pas que Cécile Duflot était la candidate des médias. Je dis simplement que les électeurs de cette primaire ont réagi avec leur cœur et leur intelligence. Il faut écouter ce qu'ils ont dit.

Dans les trois prochaines semaines, que souhaitez-vous mettre en avant ?

Ma capacité à rassembler tous les écologistes. C'est ce que j'ai fait, dès le premier tour. J'ai été soutenu par l'ensemble des sensibilités de ce mouvement. Je veux continuer à rassembler les écologistes parce que, si l'on ne rassemble pas le mouvement de l'écologie politique et associative, on ne parviendra pas à convaincre que nos propositions sont les bonnes.


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