Fidel Castro : un « cruel gentil »
Le Lider Maximo – héros ou bourreau – était l’homme de tous les paradoxes et de tous les oxymores.
dans l’hebdo N° 1430 Acheter ce numéro

« Robespierriste et anti-robespierriste, dites-nous seulement quel fut Robespierre. » Cette phrase de l’historien Marc Bloch pourrait parfaitement s’appliquer à Fidel Castro. Depuis l’annonce de sa mort, le 26 novembre au matin, à 90 ans, Fidel Alejandro Castro Ruz est l’enjeu d’une bataille d’interprétation presque aussi violente que la révolution elle-même. Les idolâtres ne manquent pas. Mais les ennemis animés par une haine inextinguible sont plus nombreux encore et, il faut le dire, ils ont davantage la parole dans nos régions où les exilés, en France et surtout aux États-Unis, sont rompus à l’art de la communication occidentale.
En vérité, Fidel Castro a deux visages, irréconciliables. Au libérateur et réformateur social, dont l’œuvre est incontestable, a succédé un autocrate impitoyable. On ne peut le comprendre sans remonter à l’histoire, sans savoir ce qu’était le Cuba