À l’université, la sécurité au détriment des personnes handicapées

Pour financer la sécurisation des campus universitaires, la ministre de l’Éducation pioche dans les fonds des institutions chargées d’améliorer l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap.

Malika Butzbach  • 31 janvier 2017
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À l’université, la sécurité au détriment des personnes handicapées
© Photo : VLADIMIR PESNYA / SPUTNIK

Le 31 août, Najat Vallaud-Belkacem annonçait sur Twitter que _« la rentrée se fera dans des conditions de sécurité renforcée. Nous apporterons 30 millions d’euros pour cela ». Sans doute a-t-elle oublié de mentionner que cet argent serait pris dans la poche du fonds d’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP).

Ce sont donc 30 millions d’euros qui vont être ponctionnés à l’institution en charge d’améliorer l’accès à l’emploi des personnes handicapées dans la fonction publique. « Un acte grave », selon un communiqué de la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC). La présidente du syndicat des services publics de cette centrale, Nathalie Makarski, a interpellé le 30 janvier le Premier ministre Bernard Cazeneuve dans une lettre, protestant que « le FIPHFP ne doit pas servir de variable d’ajustement des politiques publiques pour combler les budgets ministériels ».

58 millions d’euros ponctionnés en 2015

L’institution affirme avoir « une “survie” estimée de douze à dix-huit mois », après qu’elle et son acolyte du secteur privé, l’Agephiph, ont déjà connu une retenue importante, à la hauteur de trois fois 29 millions pour trois ans pour le financement des contrats aidés. Des orientations gouvernementales qui accentuent le désengagement de l’État en direction des personnes en situation de handicap, en opposition totale avec le programme de François Hollande en 2012.

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