Trump contre l’Europe

Le milliardaire président a affirmé que le Royaume-Uni avait eu « bien raison » de quitter une Union européenne selon lui dominée par l’Allemagne.

Politis  • 18 janvier 2017
Partager :
Trump contre l’Europe
© Drew Angerer/Getty Images/AFP

Deux jours avant son investiture, Donald Trump a dessiné à très gros traits les contours de sa politique étrangère : guerre commerciale à la Chine et à l’Europe, rapprochement avec le Royaume-Uni. Le tout décliné à sa façon, c’est-à-dire sans ménagements. Dans un entretien au journal allemand Bild et au Times britannique, le milliardaire président a affirmé que le Royaume-Uni avait eu « bien raison » de quitter une Union européenne selon lui dominée par l’Allemagne. Il a également jugé l’Otan « obsolète ». Ce qui est bien vrai, au moins depuis la disparition de l’URSS. L’ennui, c’est que tout cela repose sur de mauvaises raisons. En particulier sur la guerre aux migrants. 

Mais les propos de Donald Trump ont trouvé un écho très favorable au Royaume-Uni, où Theresa May exposait, mardi, sa stratégie post-Brexit. Et la Première ministre n’a pas fait dans la demi-mesure : retrait du marché unique, de l’union douanière européenne et de la Cour européenne de justice. Et, là encore, avec pour principale justification la lutte contre l’immigration. Cap donc vers l’Amérique de Donald Trump. Ce pourrait être l’occasion pour l’Europe de se refonder. Il faudrait pour cela une réorientation sociale et fiscale. On n’en prend pas le chemin. Quant à la réaction de François Hollande sur « l’obsolescence » de l’Otan, elle est surprenante. Le Président français en redemande : « Elle ne sera obsolète, a-t-il objecté, que lorsque les menaces le seront devenues aussi. » Question : aux yeux de François Hollande, quelles menaces justifient aujourd’hui encore une alliance militaire transatlantique ?

Monde
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Giorgia Meloni joue une partie de son mandat sur un référendum constitutionnel
Analyse 20 mars 2026 abonné·es

Giorgia Meloni joue une partie de son mandat sur un référendum constitutionnel

Ces 22 et 23 mars, l’Italie vote une réforme constitutionnelle pour la séparation des carrières des magistrats. En cas de majorité du « oui », l’exécutif réussirait à faire passer l’un de ses trois grands chantiers de réformes institutionnelles, avec l’autonomie des régions et l’élection directe du premier ministre.
Par Giovanni Simone
Devant la justice, le calvaire des femmes yézidies, victimes longtemps oubliées des djihadistes français
Justice 20 mars 2026 abonné·es

Devant la justice, le calvaire des femmes yézidies, victimes longtemps oubliées des djihadistes français

Jamais une cour d’assises ne s’était attardée sur les crimes sexuels perpétrés en Syrie par des Français. Pour la première fois l’un d’eux a été jugé pour génocide et crimes contre l’humanité à l’encontre des Yézidis. Seul et unique accusé : Sabri Essid, présumé mort en zone irako-syrienne. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Par Céline Martelet
Les champs volés de la bande de Gaza
Reportage 20 mars 2026 abonné·es

Les champs volés de la bande de Gaza

Depuis le cessez-le-feu signé en octobre 2025, au moins 53 % de l’enclave palestinienne est occupée par Israël. Un contrôle territorial instauré par le plan Trump et validé par l’ONU. C’est pourtant dans ces zones occupées que se trouvent les terres les plus fertiles et donc vitales pour la population.
Par Céline Martelet et Shatha Abu Silaa
Les Émirats arabes unis, vitrine autoritaire d’un rêve néolibéral
Reportage 19 mars 2026 abonné·es

Les Émirats arabes unis, vitrine autoritaire d’un rêve néolibéral

Hypermodernité, marketing d’État, nationalisme scénarisé et gestion hiérarchisée de l’immigration : Abu Dhabi a bâti un modèle stable et attractif. Derrière la réussite économique, se dessine un compromis social inégalitaire qui séduit une partie des élites occidentales tout en neutralisant la contestation politique.  
Par Rémi Guyot