Le projet de campus Paris-Saclay épinglé par la Cour des comptes

Le projet de pôle universitaire et technologique Paris-Saclay est aujourd’hui dans une « impasse », selon un rapport des magistrats de la Rue Cambon.

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Présenté comme le futur centre névralgique de la recherche et de l’innovation française, le « cluster » Paris-Saclay se heurte à un problème de taille. Dans son rapport rendu public le 8 février, la Cour des comptes souligne l’incapacité des dix-huit membres de la communauté d’universités et d’établissements (Comue) à participer ensemble à la construction d’un seule et même campus, qui doit accueillir d’ici 2020 quelques 11 000 chercheurs et 70 000 étudiants. Certaines grandes écoles, à l’image de Polytechnique, ont exprimé leurs réticences à s’unir, de peur de perdre leur « réputation d’excellence » dans cette future université encore « peu sélective ». Face à l’incapacité du projet à « surmonter la dualité du système d’enseignement supérieur français », la Cour des comptes propose la création d’un responsable interministériel pour dénouer ce dossier « aujourd’hui en suspens ».

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Un argument de plus pour les opposants au projet

En pointant du doigt « les carences du pilotage global de ce projet », dans lequel 5,3 milliards d’euros ont été engagés, la Cour rejoint une partie des reproches jusqu’ici formulés par les opposants au « cluster ». Le rapport, selon lequel un « rapprochement géographique des universités » ne relève d’aucune « cohérence réelle », conforte les arguments avancés par le collectif Saclay Citoyen, pour qui ce regroupement tendra à « la concurrence et non la coopération ». Claudine Parayre, membre de cette association qui lutte contre l’urbanisation du plateau de Saclay, se réjouit des conclusions de la Cour des comptes : « Voici un argument de plus que nous pourrons ajouter à la lettre adressée au Premier ministre, à qui nous demandons un moratoire sur ce projet ! » Un projet, qui au-delà de son « pilotage défaillant », est amené à engranger de nombreuses conséquences sur l’environnement et l’agriculture locale. Quelque 400 hectares de terrains agricoles parmi les plus fertiles d’Île-de-France sont en effet amenés à disparaître au profit de ce futur pôle universitaire et technologique.


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