Présidentielle : Pourquoi rien ne se passe comme prévu
Après l’élimination des chefs de parti et des favoris des sondages, le mea culpa aussi timide que maladroit de François Fillon rend l’élection présidentielle plus incertaine que jamais.
dans l’hebdo N° 1440 Acheter ce numéro

La présidentielle est une élection hors normes. Le cru 2017, en déjouant depuis quatre mois tous les scénarios envisagés, vient encore de nous le rappeler. Depuis les premières révélations du Canard enchaîné, le 25 janvier, et le déclenchement d’une enquête sur des emplois fictifs supposés de son épouse Penelope et de deux de ses enfants, l’image de probité qui avait en partie assuré le succès de François Fillon dans la primaire de la droite est sérieusement mise à mal. Au point que plusieurs de ses compagnons ont songé la semaine dernière à le jeter de la roche Tarpéienne avant même qu’il ait franchi les portes du Capitole. En admettant une « erreur » pour laquelle il a présenté ses « excuses aux Français », le châtelain de Beaucé a obtenu d’eux un sursis. De toute façon, les a-t-il mis en garde, « on a vu qu’il n’y avait pas de plan B » ou alors un « plan B comme bérézina ».
Cet argument de défense très classique – « moi ou le chaos » – aura plus convaincu les caciques de la droite de faire bloc autour de François Fillon que son mea culpa a minima. Au grand soulagement des éditorialistes convoqués sur les plateaux de télé pour commenter sa conférence de presse au cours de laquelle le