La LDH exige que la « lumière soit faite » sur la mort de Liu Shaoyo

L’association demande des explications sur la mort du père de famille chinois. Et rappelle son opposition à la loi qui élargit le cadre de la légitime défense, adoptée par la majorité des socialistes.

Hugo Boursier  • 30 mars 2017
Partager :
La LDH exige que la « lumière soit faite » sur la mort de Liu Shaoyo
© Photo : Pierre Gautheron / Hans Lucas / AFP

Après la saisie du dossier par l’IGPN, l’ouverture d’une enquête de flagrance par le procureur, et les inquiétudes de Pékin exprimées auprès du Quai d’Orsay, c’est au tour de la Ligue des droits de l’homme d’exiger, par un communiqué publié ce jeudi 30 mars, que « lumière soit faite sur les circonstances qui ont amené un des policiers à faire usage de son arme » sur Liu Shaoyo, mort dimanche soir à son domicile à Paris.

Lire aussi >> Mort de Liu Shaoyo : nouvelle bavure policière ?

L’organisation de défense des libertés rappelle à cette occasion sa vive opposition à la loi de sécurité publique, adoptée en février dernier, qui vise à élargir le cadre légal de la légitime défense.

Plébiscité le 8 février en première lecture par la majorité des députés, ce projet de loi – le dernier de François Hollande – élargit les conditions sous lesquelles la police a le droit d’abattre un individu, durcit les peines pour outrages aux forces de l’ordre et autorise l’anonymat des enquêteurs.

Lire aussi >> Les députés adoptent une loi inutile voire dangereuse

Une approbation générale ? Oui, du moins pour les 15 députés présents en séance ce jour-là, membres du FN, des Républicains ou du PS, qui ont tous été alors favorables à cette loi. Seul le Front de gauche s’était abstenu.

À l’adoption finale du texte par l’Assemblée nationale, le 15 février dernier, 40 députés avaient voté, dont 34 pour et 5 contre. Parmi les 25 socialistes favorables, plus d’une dizaine sont des soutiens déclarés de Benoît Hamon. De quoi rester dubitatif sur le poids que pourrait avoir la ligne plus apaisée du candidat en matière de sécurité publique. Pour les cinq députés qui ont voté contre, deux sont du Front de gauche, dont le président PCF du groupe, un est membre d’Europe Écologie-Les Verts, une autre a quitté ce parti et un autre le PS.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

La résilience, boussole pour le monde à venir
Inégalités 12 juin 2026 abonné·es

La résilience, boussole pour le monde à venir

Alors que les crises sociales, démocratiques et écologiques nourrissent partout le sentiment d’impuissance, des résistances citoyennes dessinent d’autres possibles. Cécile Duflot plaide pour faire de la résilience collective une force politique capable de combattre les inégalités, défendre l’État de droit et redonner espoir face aux replis nationalistes et aux logiques de renoncement.
Par Cécile Duflot
« Les révolutions sont des imaginaires puissants »
Entretien 12 juin 2026 abonné·es

« Les révolutions sont des imaginaires puissants »

Dans un temps marqué par la montée des extrêmes droites, l’historienne Mathilde Larrère s’attarde sur ce que la gauche fait de sa mémoire révolutionnaire, endroit fécond où inventer l’avenir.
Par Juliette Heinzlef
Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir
Tribune 11 juin 2026

Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir

L’affaire Lyhanna met en lumière les limites d’une conception viriliste du pouvoir incarnée par le ministre de la Justice. Quand les violences sexuelles s’imposent au débat public, la posture de l’« homme fort » apparaît moins comme une solution que comme une partie du problème.
Par Lynda-May Azibi
Guerre civile en Espagne, répercussions mondiales
Histoire 10 juin 2026 abonné·es

Guerre civile en Espagne, répercussions mondiales

Le coup d’État franquiste divise les nations, entre aide déclarée des dictatures aux insurgés et soutien timide des démocraties au gouvernement légal de Madrid, annonçant les clivages de la Seconde Guerre mondiale.
Par Olivier Doubre