Un menu sauce mixité

À Montreuil, dans une résidence de travailleurs migrants conçue pour ses pensionnaires, le restaurant associatif Le Nouveau Centenaire entretient le lien social et force l’exemplarité.

À la carte ce jour, un couscous africain, une soupe gombo, un mafé, un saka-saka de bœuf, un tiep bou dien (un mulet en sauce), du poulet rôti-frites, mais encore un velouté de potiron à la coriandre, des lasagnes aux épinards et au chèvre, une assiette végétarienne… En dessert, du fromage blanc, une compote banane citron. Côté boissons, quelques sodas, des pressés de fruits, du jus de gingembre frais ou de bissap (variété d’oseille proche de l’hibiscus), d’autres boissons exotiques. C’est là une cuisine subsaharienne. Une cuisine maternelle, enveloppante, familiale, parfumée, en transe de mijotages, à base de sauce, fleurant les épices et les herbes, le manioc pilé et les piments rouges ou verts, les gombos et la patate douce autour d’un riz qui se veut roi. Avec quelques touches françaises.

Quatre femmes derrière cette ribambelle de plats, louche à la main, servant des assiettes pantagruéliques. D’autres s’appliquent en cuisine. Dans les fragrances, des tables et des chaises en formica habillent la salle, tandis que de grandes baies vitrées donnent sur une cour intérieure. À chacun de prendre ses couverts, façon self. Quelques sculptures africaines et une nature morte pour seul décor dans ce tout frais établissement de quelques semaines, le restaurant associatif Nouveau Centenaire, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), au sein de la résidence sociale éponyme. À peine ouvert, une clientèle bigarrée s’y presse déjà, d’origines sociales différentes. Des voisins, des gourmets curieux qui viennent du XXe arrondissement parisien, même de Romainville, des employés de bureau, des enseignants, des ouvriers, des étudiants, des salariés du coin, et nombre de résidents du foyer. Tous ravis.

En fin de repas, pleinement rassasié, le client dépose son plateau sur un chariot. Juste délesté de quelques euros. Le Nouveau Centenaire ne se distingue pas seulement par ses effluves marqués, typiques, mais aussi par ses prix : 5,20 euros le plat, 3,50 euros le demi-poulet ou 2, 50 euros la cuisse, 1 euro la boisson.

Pour Christine Merckelbagh, directrice de l’établissement, il s’agit de proposer « une restauration attractive, avec du bon pas cher mais goûteux. C’est d’abord un restaurant de foyer, avec une clientèle qui aime retrouver sa cuisine traditionnelle.

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