Des militants d'Attac convoqués par la police

Suite à une action pacifique, sept militants ont été entendus mardi 25 avril. Un rassemblement de soutien a eu lieu.

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C 'est pas les citoyens qu'il faut juger, c'est l'évasion fiscale en bande organisée ! » À 13 heures, sur le trottoir de l'avenue de Friedland (Paris VIIIe), à égale distance de l'agence de la Société générale et du commissariat, une trentaine de personnes clament ce slogan. Devant des affiches dénonçant l'évasion fiscale pratiquée par la banque et son directeur, Frédéric Oudéa, les participants se sont rassemblés en soutien aux sept militants d'Attac convoqués en auditions libres par la police.

Contre l'opacité fiscale

Tout a commencé le 1er avril. Pour marquer le premier anniversaire des révélations des Panama Papers, les activistes avaient peint en blanc les vitrines de la Société générale des Champs-Élysées. À la suite de cette action visant à dénoncer l'opacité fiscale de la banque, 35 personnes avaient été interpellées et conduites dans quatre commissariats parisiens différents.

Coïncidence ou non, seules les sept personnes emmenées au commissariat du VIIIe arrondissement ont été convoquées. Il faudra attendre mai pour connaître la suite des événements : pour l'instant, l'organisation ignore si la Société générale a porté plainte.

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Refus du prélèvement biologique

C'est le cas de Pierre, militant d'Attac depuis un an qui a été reçu hier par les policiers. « Ils m'ont surtout posé des questions sur l'organisation de l'action et les responsables d'Attac. » Vincent, qui est sorti il y a quelques heures du commissariat, témoigne au micro : « Moi, ce qui m'a choqué c'est à la fin, lorsqu'ils m'ont demandé si je serais d'accord pour payer les frais de nettoyage de l'agence. Si c'est le prix à payer pour récupérer l'argent qu'ils ont dans les paradis fiscaux, pourquoi pas », sourit-il.

Yuli (à gauche sur la photo ci-dessous) aussi sort juste de sa convocation. « C'était un peu tendu au début, explique-t-elle. Le policier m'a dit qu'il irait au bout de la procédure d'identification et qu'il ferait un prélèvement biologique, ce que les autres militants n'ont pas eu. Mais j'ai refusé. » D'ailleurs, des copains d'Attac lui ont rapporté un coton-tige géant, symbolisant ce fameux prélèvement biologique. « Ils se servent de coton-tige pour prélever la salive. Et pourquoi pas celle de Frédéric Oudéa ? », s'exclame la jeune femme. « Après tout, c'est lui qui pratique l'évasion fiscale, pourquoi c'est nous que l'on convoque au commissariat ? »

© Politis

Appel pour une mobilisation sociale

Aurélie Trouvé (à droite sur la photo ci-dessus), porte-parole d'Attac elle aussi convoquée, prend le micro. Après avoir dénoncé ces convocations, elle mentionne l'élection présidentielle :

On a le choix entre le fascisme et le néolibéralisme. Il y a des chances pour que notre futur Président soit celui de la grande finance, celui qui a prévu dans son programme de faire de nombreux cadeaux aux banques.

Elle appelle d'ailleurs à une grande mobilisation sociale le 1er mai : « Le troisième tour sera dans la rue. Ah ça oui, ils vont continuer d'entendre parler de nous : on ne lâchera rien ! », clame-t-elle en levant le poing. Elle laisse le micro à un autre militant : elle doit se rendre au commissariat. Sa convocation est à 14 heures.

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