Du glyphosate dans les urines de citoyens

Une étude de l’association Générations futures montre la présence de taux importants du perturbateur endocrinien dans les urines de trente personnes.

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Après avoir détecté un « cocktail important de nombreux perturbateurs endocriniens » dans les cheveux de députés écologistes, l’association Générations futures révèle la teneur en glyphosate de l’urine de plusieurs personnes. Trente cobayes, dont des personnalités, de sexes et d’âges variés, entre 8 et 60 ans, habitant en ville ou à la campagne, à l’alimentation variable (biologique, végétarienne…) se sont prêtés à l’expérience. Parmi eux, l’humoriste Alex Vizorek, la chanteuse Emily Loizeau, l’ex-ministre de l’Écologie Delphine Batho ou Arnaud Apoteker, le coordinateur du Tribunal Monsanto.

Les résultats de ces analyses publiés jeudi 6 avril sont alarmants et catégoriques : 100 % des échantillons analysés contenaient du glyphosate, le principe actif du Roundup produit par Monsanto, herbicide le plus utilisé dans le monde. La concentration moyenne de glyphosate est de 1.25 ng/ml d’urine, soit 12,5 fois la concentration maximale admissible pour un pesticide dans l’eau. La conclusion de François Veillerette, porte-parole de Générations futures, est sans appel :

Malheureusement ces analyses confirment ce que nous craignions après avoir consulté d’autres études réalisées ailleurs en Europe et dans le monde : nous sommes toutes et tous contaminés par le glyphosate.

Les associations européennes accumulent les preuves de la dangerosité du glyphosate mais la polémique persiste autour de renouvellement de sa licence dans l’Union européenne (UE). Après deux ans de bataille, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a annoncé le 15 mars dernier qu’elle ne classait pas ce produit parmi les agents cancérogènes, alors que le Centre International de recherche sur le cancer (Circ), une branche de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), affirme le contraire.

À lire aussi >> Le glyphosate bientôt maintenu en Europe ?

Une initiative citoyenne européenne (ICE) visant à interdire le glyphosate a recueilli plus de 640 000 signatures en six semaines mais elle doit atteindre le million de signatures dans sept pays de l’UE, avec des quotas par pays, pour que l’Union européenne la prenne en compte. La Commission européenne aura trois mois pour réagir et décider de déclencher une procédure législative, ou non. Dans tous les cas, elle devra donner les raisons de sa décision.

À lire aussi >> Le rapport complet de Générations futures


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