Grande-Synthe : le camp de migrants réduit en cendres

Une bagarre entre migrants a provoqué l’incendie quasi total du camp de La Linière, qui abritait 1 500 personnes.

Politis.fr  et  AFP  • 11 avril 2017
Partager :
Grande-Synthe : le camp de migrants réduit en cendres
© photo : PHILIPPE HUGUEN / AFP

Il ne restera qu’un amas de cendres, il sera impossible de remettre des cabanons à la place de ceux qui existaient auparavant », a déclaré le préfet des Hauts-de-France, Michel Lalande, devant les flammes qui ont ravagé la quasi-totalité du camp de Grande-Synthe dans la nuit de lundi à mardi.

Seuls environ 70 chalets en bois sont intacts sur les 300 que comptait ce site ouvert en mars 2016, par le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, et Médecins sans frontières (MSF). « À ce que je peux voir par moi-même, tout a brûlé. Il reste une cuisine communautaire et le point d’information. Mais il est impossible de parcourir tout le camp et donc de se faire une idée vraiment précise de l’étendue des dégâts », a témoigné Olivier Caramelle, directeur de cabinet du maire joint par l’AFP.

Selon des sources policières, une rixe a éclaté vers 18 h 45 opposant Afghans et Kurdes, et a fait six blessés à l’arme blanche. Une première intervention des CRS a apaisé la situation mais les affrontements ont repris vers 21 h 30. Plusieurs départs de feu ont été constatés et les pompiers ont peiné à éteindre l’incendie qui se propageait. Le préfet du Nord a déclaré la fermeture du camp à 1h.

Depuis le démantèlement de la jungle de Calais, la population du camp avait augmenté, et les tensions étaient connues des bénévoles des associations œuvrant quotidiennement aux côtés des migrants.

« Il est probable que les passeurs kurdes aient relégué les Afghans dans les cuisines. Depuis la fermeture de Calais, il n’y a pas de centre d’accueil sur la côte. Nous demandons la création de plusieurs centres d’accueil d’urgence, à dimension humaine », a déclaré François Guennoc, de l’Auberge des migrants

Même constat de Pierre Henry, président de France terre d’asile. « La population des demandeurs d’asile et des réfugiés avait crû de manière extrêmement importante, à tel point que la municipalité et le gouvernement s’étaient inquiétés de la situation. Nous savions qu’il y avait là tous les dangers d’une confrontation entre passeurs kurdes et afghans qui se disputaient le contrôle du camp », a-t-il déclaré sur France Info.

Il y a moins d’un mois, la convention renouvelant pour six mois le soutien de l’État avait été signée à Grande-Synthe par le maire et la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, avec pour ambition d’améliorer les conditions d’accueil et de sécurité.

À lire aussi >> Grande-synthe, l’autre Calais

À lire aussi >> Portrait de Damien Carême, maire de Grande-Synthe

À voir aussi >> Le diaporama photos à l’intérieur du camp

Société
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Dans le 93, des enseignants bientôt empêchés de mutation ?
Enquête 10 juin 2026 abonné·es

Dans le 93, des enseignants bientôt empêchés de mutation ?

Le ministère de l’Éducation nationale a décidé de supprimer le statut politique de la ville (PLV) de vingt établissements de Seine-Saint-Denis. Une décision qui risque de pénaliser les élèves en accélérant le départ de nombreux professeurs.
Par Bérénice Paul
Guerre civile en Espagne, répercussions mondiales
Histoire 10 juin 2026 abonné·es

Guerre civile en Espagne, répercussions mondiales

Le coup d’État franquiste divise les nations, entre aide déclarée des dictatures aux insurgés et soutien timide des démocraties au gouvernement légal de Madrid, annonçant les clivages de la Seconde Guerre mondiale.
Par Olivier Doubre
À Toulouse, la mémoire vivante de l’exil républicain espagnol
Reportage 10 juin 2026 abonné·es

À Toulouse, la mémoire vivante de l’exil républicain espagnol

Dans la Ville rose, des associations œuvrent à la conservation et à la reconnaissance de l’histoire des réfugiés antifranquistes. Une nouvelle génération s’empare de cette mission, à la lumière des luttes antifascistes actuelles.
Par François Rulier
1936, les débuts d’une première globalisation ?
Histoire 10 juin 2026

1936, les débuts d’une première globalisation ?

Le Front populaire incarne en France la victoire du peuple de gauche, ses mobilisations et des avancées sociales sans précédent. Mais c’est aussi le moment, il y a tout juste 90 ans, où les débats politiques nationaux ne peuvent plus ignorer les questions internationales. Face à la montée des fascismes, les gauches du monde entier réagissent.
Par Olivier Doubre