Hongrie : Une longue dérive autoritaire

S’éloignant toujours plus des principes démocratiques de l’Union européenne, le gouvernement de Viktor Orbán s’en prend à tous les contre-pouvoirs au sein de la société civile.

Jean-Claude Juncker a un humour bien à lui. Lors d’un sommet européen en 2015, le président de la Commission accueillait le Premier ministre hongrois, le souverainiste autoritaire Viktor Orbán, par ce bon mot : « Salut, dictateur ! » Les démocrates hongrois, eux, rient moins. En particulier ces derniers mois, alors que la Hongrie multiplie les mesures contraires aux règles d’un État de droit. En dépit d’une solide majorité au Parlement, Viktor Orbán doit faire face à une forte mobilisation populaire, en particulier contre deux de ses décisions. La première, élaborée sur le modèle d’une loi russe édictée par Vladimir Poutine, devrait être adoptée sous peu par le Parlement et vise à museler les ONG de défense des droits de l’homme, de l’environnement ou de lutte contre la corruption, au prétexte qu’elles seraient subventionnées par des fonds « de l’étranger ». L’autre mesure, qui a été le premier moteur de la contestation, est une loi sur l’enseignement supérieur promulguée le 11 avril, visant directement l’Université d’Europe centrale (CEU), fondée par le milliardaire américain d’origine hongroise Georges Soros (bête noire de Viktor Orbán), qui finance également un réseau de fondations et d’ONG promouvant le pluralisme démocratique. La « faculté Soros », parmi les meilleures en Europe, perdrait ainsi sa licence validant ses diplômes au sein du système éducatif hongrois. Après plusieurs mobilisations étudiantes les jours précédents, ce sont près de 80 000 personnes qui sont descendues dans les rues de Budapest le 9 avril, pour protester contre les attaques gouvernementales envers la société civile, les ONG ou l’indépendance des médias.

Il reste 78% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents