Dossier : Turquie : Le coup de force d’Erdogan

Turquie : Le coup de force d’Erdogan

Si le « oui » devait l’emporter au référendum du 16 avril, le régime « démocrate-musulman », installé au pouvoir depuis 2002, pourrait changer de nature.

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Si le « oui » devait l’emporter au référendum du 16 avril, la Turquie glisserait encore un peu plus vers un régime autoritaire. La réforme constitutionnelle voulue par le président turc Recep Tayyip Erdogan conduirait à la suppression du poste de Premier ministre. Le Président seul pourrait nommer et congédier les ministres. Il pourrait aussi intervenir directement dans le domaine judiciaire. Il s’agirait en fait de la traduction institutionnelle d’une dérive entamée au moins depuis 2013, avec la répression des manifestations du parc Gezi, à Istanbul, puis intensifiée après la tentative de coup d’État militaire du 15 juillet 2016, qui fut, selon la propre expression d’Erdogan, comme « une grâce de Dieu ». Autrement dit, une formidable aubaine qui lui a permis d’organiser une purge gigantesque dans les rangs de la magistrature, de la police, de la presse et de l’université.

Avec le même homme et le même Parti de la justice et du développement (AKP), le régime « démocrate-musulman », installé au pouvoir depuis 2002, pourrait changer de nature. On lira ici l’analyse d’Ahmet Insel, grande figure intellectuelle turque. Mais on verra aussi, avec le reportage de Jérémie Berlioux, qu’en dépit d’une propagande échevelée, la victoire du « oui » demeure incertaine.


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