Ada Colau : objectif Catalogne

Deux ans après son élection, la maire de Barcelone a su imposer les thèmes sociaux. Mais face aux blocages, notamment sur le logement et le tourisme, elle lance ses forces dans la bataille régionale.

Une maire en congé maternité et un premier adjoint latino-américain aux commandes. Barcelone s’apprête à fêter ainsi le deuxième anniversaire d’Ada Colau à la tête de sa mairie. Passée en un an des rangs d’un activisme anti-expulsions musclé à la tête de la cité catalane, cette édile atypique, élue au printemps 2015, avait prévenu durant sa campagne : tout allait changer. Deux ans après la victoire de ce symbole de l’anti-establishment, la municipalité « indignée » n’a pas chômé : plan d’action pour le droit au logement, plan urbanistique pour endiguer le tourisme de masse, création d’un programme d’accueil en réponse à la crise migratoire en Méditerranée… Une pléthore de propositions dont ont émergé quelques coups d’éclats, comme l’amende record infligée à la plateforme Airbnb, l’attribution d’un excédent financier municipal de 100 millions d’euros à des projets sociaux et l’organisation de la plus grande manifestation d’Europe pour réclamer l’accueil de réfugiés. Derrière ces actions, plutôt photogéniques, la route n’aura pourtant pas été facile pour l’administration de Colau. Élue avec seulement 11 sièges sur 41 au conseil municipal, Ada Colau n’a pu faire approuver son budget que grâce à l’incapacité de ses opposants à se regrouper autour d’un nouveau maire, lors d’une procédure de vote de confiance. Depuis mai dernier, son parti, Barcelona en Comú (Barcelone en commun), plateforme partenaire de Podemos incorporant divers partis de gauche, écolos et anticapitalistes, a signé un pacte de coalition avec les socialistes catalans. Un accord qui la situe encore en dessous de la majorité et qui lui aura valu critiques et blocages à gauche, dont ceux de l’un des leaders historiques de l’indépendantisme catalan, ERC, et des anticapitalistes de la CUP. Pour Joan Serra, journaliste et auteur d’un ouvrage retraçant les premiers mois de la gouvernance de Colau à Barcelone, son administration peut néanmoins se targuer d’un premier grand succès : « Réussir à ce que des thèmes périphériques dans le débat politique, comme le logement et le tourisme, soient devenus centraux. Aucun parti en Catalogne et en Espagne n’exclut désormais la lutte contre les expulsions de son programme électoral. » Ironie de la situation, c’est principalement ce dossier, à forte charge symbolique de par le passé d’activiste de Colau, qui donne le plus de fil à retordre à la municipalité. Car, malgré la multiplication par quatre du budget alloué au logement et la création d’une unité contre l’exclusion résidentielle ayant aidé 1 574 familles en voie d’expulsion et sanctionné les banques disposant d’appartements vides dans la cité, la mairie n’a pas honoré sa principale promesse de campagne : interrompre totalement les expulsions. Josep Maria Montaner, conseiller municipal chargé du logement à Barcelone, indique toutefois que ces dernières ont diminué, avant de préciser : « À notre arrivée à la mairie, les expulsions étaient dues au non-paiement des prêts bancaires. Aujourd’hui, plus de 80 % sont le fait de propriétaires qui augmentent le loyer. »

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