Les macroniens aux trois-quarts en marche vers les législatives

La commission d’investiture du mouvement En marche ! a dévoilé 428 noms de candidats sur les 577 attendus. L’investiture a été refusée à Manuel Valls, mais il n’aura pas de candidat marcheur face à lui.

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C’est une « exception », répète Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement d’Emmanuel Macron. Aucun candidat de son mouvement ne sera opposé à Manuel Valls dans la première circonscription de l’Essonne. La raison invoquée ? Une « singularité » due au fait que ce dernier est le « seul Premier ministre » qui a soutenu ouvertement Emmanuel Macron et fait acte de candidature à l’investiture sous la bannière d’En marche !.

Une candidature refusée car « Manuel Valls ne répondait pas aux critères d’investiture », affirme Richard Ferrand. Cependant, sur les 428 candidats, pour le moment aucun n’a été investi face à Myriam El Khomri dans le XVIIIe circonscription de Paris. « On réfléchit, il est possible que nous n’en présentions pas », glisse François Patriat, sénateur PS de Côte-d’Or qui coprésidait la commission d’investiture, en marge de la conférence de presse. La question d’accords de ménagement locaux, pourtant réfutés la semaine précédente par le secrétaire général du mouvement, se pose.

Richard Ferrand avait aussi annonçé qu’il y aurait bien 577 députés investis. Or il n’y en aura au plus que 576. « Il pourrait n’y en avoir que 550 », admet même François Patriat. Rien n’est encore donc réellement acté à une semaine de la date limite des dépôts de candidature en préfecture.

Aujourd’hui, seuls 428 noms ont donc été révélés, dont 52 % issus de la société civile dont les âges varient entre 24 et 72 ans.

Vingt-quatre parlementaires ont été investis, « tous des socialistes sortants », selon le secrétaire général qui précise que « beaucoup d’autres ont été recalés ». Tous « socialistes » vraiment ? Parmi ces 24 sortants, on trouve en effet François de Rugy, Barbara Pompili ou François-Michel Lambert, élus en 2012 sous l’étiquette EELV.

En revanche, aucun député LR sortant n’est pour l’instant investi. Les porte-parole d’Emmanuel Macron s’acharnent à répéter que ça n’a pas de rapport avec l’éventuelle nomination à la tête d’un gouvernement d’une personnalité issue de la droite. Mais le doute persiste.

Il reste donc encore 148 places à pourvoir, « parce que nous continuons à approfondir un certain nombre d’échanges pour ce qui concerne des territoires particuliers, et l’outre mer » mais aussi pour laisser « un espace de recomposition se concrétiser ». Un appel à peine masqué aux députés LR à se faire connaître. Si certains d'entre eux se décidaient, en l'occurrence il pourrait s'agir de juppéistes, les instances de LR n’auraient que très peu de temps pour investir quelqu’un d’autre. « Ce n’est pas notre problème, répond Benjamin Griveaux, porte parole d’En marche !. Chacun ses soucis. » Pas très fairplay.


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