Palestine : les grévistes de la faim dans une phase critique

Politis.fr  • 26 mai 2017
Partager :
Palestine : les grévistes de la faim dans une phase critique
photo : Manifestation en soutien aux prisonniers en grève de la faim en Cisjordanie.
© Ahmad Talat / NurPhoto

Quarante jours. Cela fait quarante jours qu’un millier de détenus palestiniens dans les prisons israéliennes ont entamé leur grève de la faim.

Jeudi, au 39e jour de ce mouvement, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a alerté dans un communiqué sur l’état des prisonniers, qui sont entrés dans « une phase critique ». Les médecins de l’institution d’aide humanitaire se sont exprimés après avoir rendu visite à l’ensemble des personnes concernées et se sont dits « préoccupés par les éventuelles conséquences irréversibles sur leur santé ». Ils appellent « les autorités et toutes les parties concernées à trouver une solution qui évitera toute perte de vie ».

Mouvement de solidarité

Depuis le 17 avril, ces prisonniers ont cessé de s’alimenter pour protester contre leurs conditions de détention : droits de visite interdits ; impossibilité de communiquer ; aucun accès à l’information…

Ce mouvement a été lancé à l’appel notamment de Marwan Barghouti, leader du Fatah pendant la deuxième Intifada (2000-2005), tenu pour responsable d’attentats et condamné à perpétuité. Les grévistes sont néanmoins issus de toutes les mouvances politiques palestiniennes, y compris l’organisation islamiste Hamas.

La grève de la faim suscite un vaste mouvement de solidarité dans les Territoires palestiniens où la population a observé une grève générale le 23 mai, alors même que Donald Trump rendait une visite éclair au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Le mouvement fait également débat en Israël, où le gouvernement a tenté en vain d’imposer à des médecins qu’ils nourrissent de force les grévistes. Les prisonniers, qui sont au nombre de 6 200 dans le prisons israéliennes, sont devenus aujourd’hui le symbole de la résistance à l’occupation des Territoires palestiniens.

À lire aussi >> Raed Andoni : « Ces hommes sont des survivants »

Monde
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Ukrainiens en Pologne : de l’hospitalité à l’hostilité
Reportage 13 mai 2026 abonné·es

Ukrainiens en Pologne : de l’hospitalité à l’hostilité

Au moment de l’invasion russe en Ukraine, nombre de familles ont trouvé accueil et protection chez le voisin polonais. Quatre ans après, la situation a changé. Les aides sociales ont été supprimées, les violences sont en hausse, les discours xénophobes et la haine en ligne progressent
Par Maël Galisson
À Kerkennah, en Tunisie, le soupçon migratoire pénalise la population
Monde 7 mai 2026 abonné·es

À Kerkennah, en Tunisie, le soupçon migratoire pénalise la population

Dans l’archipel tunisien, les contrôles de la garde nationale pour empêcher l’émigration clandestine se sont intensifiés depuis 2017. Un dispositif sécuritaire qui entrave la liberté de circuler des habitants et complique les conditions de travail des pêcheurs, déjà dégradées par la pêche illégale.
Par Nadia Addezio
« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »
Entretien 4 mai 2026 abonné·es

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »

Deux continents, un combat. L’une, Janette Zahia Corcelius, résiste aux raid de l’ICE, la police anti-immigration de Trump. L’autre, Anzoumane Sissoko, lutte pour la régularisation des étrangers depuis vingt-quatre ans. Une rencontre pour penser la résistance transatlantique contre l’autoritarisme et les répressions anti-migratoires.
Par Juliette Heinzlef et Maxime Sirvins
Réfugiés afghans : « Je veux la liberté, vivre comme un être humain normal »
Enquête 30 avril 2026 abonné·es

Réfugiés afghans : « Je veux la liberté, vivre comme un être humain normal »

Journalistes, personnes LGBTQ+, femmes, enfants : des Afghan·es menacé·es par les talibans témoignent de leur abandon par la France.
Par Ana Pich