Ce très droitier Monsieur Collomb
Le nouveau ministre de l’Intérieur a montré comme maire de Lyon combien sa gestion allie opportunisme économique et autoritarisme sécuritaire. Portrait du « premier macronien ».
dans l’hebdo N° 1460 Acheter ce numéro

Tous ceux qui l’ont pratiqué à la mairie de Lyon ou à la communauté urbaine (devenue en 2015 la métropole du Grand Lyon) le soulignent d’emblée : Gérard Collomb est un homme autoritaire, capable de crises de colère épiques. L’un des collaborateurs du sénateur-maire de la deuxième ville de France tâchait ainsi, vers 2008, de gérer au mieux un dossier concernant un immeuble squatté par des Roms. Lorsqu’il informe Gérard Collomb du problème, celui-ci explose. « Quoi ? Des Roms ? Mais tu ne les connais pas ! Moi, je les connais. Les Roms, tu leur installes un chiotte ici, ils vont chier là-bas ! » Entre le maire de Lyon et les Roms, c’est une longue histoire de harcèlements, quand il ordonne, notamment, de creuser une tranchée de deux mètres de profondeur autour d’un campement en 2015 ou, l’été suivant, de fermer les points d’eau d’un square le long duquel sept familles roms s’étaient installées… Plus largement, comme le notait Le Monde au lendemain de son élection en 2001, Gérard Collomb s’est tout de suite placé en « champion de la lutte contre l’insécurité », au terme d’une campagne où l’une des priorités affirmées du candidat, alors PS, dans cette ville réputée à droite, avait été « la tranquillité publique ».
Vendredi 23 juin, après avoir présenté la veille, devant le conseil des ministres, le projet de loi transcrivant dans le droit commun certaines mesures de l’état d’urgence, source de forte inquiétude pour