Les candidats macronistes ont fui le débat avec leurs concurrents
Dans le pays entier, des candidats de tous bords se sont plaints du refus des candidats En marche ! de débattre avec eux. Un phénomène si général qu’il semble dicté par une consigne nationale

Jeudi 15 juin, Jet FM, une radio locale du pays nantais bien connue de Politis, avait programmé un débat en direct, animé par Pascal Massiot, entre les deux candidates encore en lice sur la 3e circonscription de Loire-Atlantique : Martine Gourdon de la France insoumise (FI) et Anne-France Brunet de La République en marche (LREM). Avant le premier tour, Jet FM avait interviewé les 18 prétendants à la députation sur cette circonscription, où sont installés les locaux de la radio. Et son animateur avait eu l'accord oral préalable des deux candidates citées de participer à un débat au cas où elles seraient qualifiées. Mais lundi soir à 22h39, Pascal Massiot a reçu le texto suivant de la part de l’équipe de la candidate LREM :
Bonsoir, nous accepterions de débattre avec tout parti démocratique, cela ne peut être le cas avec notre adversaire de deuxième tour. Vous nous voyez désolés de ne pas pouvoir confirmer notre rendez-vous. Vous souhaitant une bonne soirée, Maryon Boisnard, chargée de presse d'Anne-France Brunet
Pascale Massiot a ensuite contacté l'équipe de campagne d'Anne-France Brunet, qui lui a répondu en substance que FI et FN c'est du pareil au même, on ne débat pas avec ces gens-là. Une position confirmée dans Ouest-France – « On se bat contre les extrêmes, le FN à droite, les insoumis à gauche » – qui a suscité un tollé sur les réseaux sociaux. Sauf que la raison invoqué a tout d'un (détestable) prétexte puisque dans une autre circonscription du département, la 7e, c’est avec le candidat LR Franck Louvrier, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, que la candidate LREM Sandrine Josso refuse de débattre. « Les citoyens ne s’intéressent plus aux débats », décrète-t-elle.
« Ces candidats En marche ! n’ont rien à dire »Partout en France, des candidats de tous bords se sont plaints ces derniers jours que leurs adversaires macronistes refusent de débattre avec eux dans l’entre-deux-tours. C’est le cas de Sergio Coronado (EELV), Manuel Bompard (FI), Olivier Dussopt (PS), Guillaume Larrivé (LR), Gaëtan Dussausaye (FN)... Les refus se comptent par dizaines. En Seine-et-Marne, on peut en observer dans cinq circonscriptions au moins ; face à trois candidats LR, Denis Jullemier (1ère), Chantal Brunel (8e) et Guy Geoffroy (9e), un candidat FI, Maxime Laisney (voir son entretien avec notre blogueur
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