Maroc : La contestation au cœur de Rabat

La solidarité avec le mouvement social en cours dans la province du Rif prend de l'ampleur.

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Aux cris de « Tous Al Hoceïma ! », « Libérez les prisonniers ! », près de 50 000 personnes ont défilé dans le centre de la capitale marocaine le dimanche 11 juin. Une « Marche pour la dignité » en soutien au « Hirak », le mouvement de contestation qui agite depuis sept mois la province montagneuse du Rif, au nord du Maroc. Depuis la mort d’un vendeur de poisson, broyé par une benne à ordure en octobre dernier, pas une nuit ne se déroule dans les villes rifaines Al Hoceïma et Imzouren sans manifestations contre le roi Mohammed VI, au nom de la justice sociale.

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Les manifestants de Rabat ont exigé la libération des 86 personnes (selon les chiffres officiels) emprisonnées lors de la vague d’arrestations opérées ces deux dernières semaines, et symboles du tournant répressif de l’exécutif. Les familles des détenus, dont le père du leader de la contestation populaire, Nasser Zefzafi, ont pris un temps la tête du cortège. Parmi les organisateurs de la marche, diverses forces d’opposition : les islamistes d’Al Adl Wal Ihsane (Justice et bienfaisance), des leaders de la gauche radicale, les militants de la cause berbère, et autres activistes du Printemps arabe marocain…

Cette manifestation solidaire du « Hirak » est la première d’une telle ampleur à avoir lieu à l’extérieur du Rif. La presse locale y a vu une résurgence de la marche du 20 février 2011, dont des slogans comme « Non à l’absolutisme » et « Non à la corruption » ont été repris. Les organisateurs assurent que « cette marche n’est que le début d’un front pour la défense de la liberté, de la dignité et de la justice sociale ». Le mouvement compte sur la venue en renfort, cet été, des Rifains de la diaspora.


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