PCF : Derrière la volonté de « renouvellement », la crise

Sur fond d’échec électoral, la ligne stratégique de Pierre Laurent est plus contestée que jamais.

Politis  • 28 juin 2017
Partager :
PCF : Derrière la volonté de « renouvellement », la crise
© photo : PHILIPPE LOPEZ / AFP

On reprend tout à zéro. C’est ce qu’a annoncé, en substance, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF après le conseil national des 23 et 24 juin. Cibler les quartiers populaires, s’adresser aux abstentionnistes, lancer une consultation en septembre, et pourquoi pas même, changer de nom… Des recettes au goût de déjà-vu qui cachent une crise virulente. Sur fond d’échec électoral – le PCF a perdu plus de la moitié de ses électeurs, passant de 1,3 million aux législatives de 2012 à moins de 700 000 cinq ans plus tard –, la ligne stratégique de Pierre Laurent est plus contestée que jamais. « Nous n’avons pas réussi à empêcher l’arrivée de l’extrême droite au second tour, ni à créer une union large à gauche », a-t-il déploré, admettant que le PCF n’avait pas été « très lisible » sur la période.

Après l’ambigu « soutien sans ralliement » à Jean-Luc Mélenchon, le PCF, qui a distribué son propre programme pendant toute la campagne, n’a pas réussi à recoller les morceaux avec la France insoumise (FI) pour les législatives. Résultat, des candidatures concurrentes quasiment partout, et un PCF affaibli, qui doit l’élection de ses 11 députés, en grande partie, à la mansuétude de la FI qui, face à la moitié d’entre eux, ne présentait pas de candidats.

Au conseil national, « l’ambiance était lunaire, témoigne Frédérick Genevée, partisan d’un « dépassement » du parti pour réinventer une force de gauche. Certains ont dit que “ceux qui ne croient plus au PCF n’ont qu’à le quitter”, je n’avais pas entendu ça depuis vingt ans ! ». Certains demandent même la démission de Pierre Laurent. La direction a annoncé un congrès extraordinaire en 2018. « Si la question de ma présence à la tête du parti doit être discutée, elle le sera, affirme Pierre Laurent. Tous les débats auront lieu sans tabou. »

Politique
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Corse : journée des dupes à l’Assemblée
Parti pris 26 juin 2026

Corse : journée des dupes à l’Assemblée

L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République. Il s’agissait, nous dit-on, de trancher sur une seule question : autonomie ou pas autonome ? Cette manière de présenter le problème est un leurre.
Par Roger Martelli
« Il n’a pas d’autre choix que de se saisir du sujet » : après le meurtre de Lyhanna, le gouvernement sommé d’agir
Analyse 23 juin 2026 abonné·es

« Il n’a pas d’autre choix que de se saisir du sujet » : après le meurtre de Lyhanna, le gouvernement sommé d’agir

Pour sortir de la crise, Sébastien Lecornu compte bien se nourrir d’une loi intégrale portée, depuis des mois, par plusieurs associations féministes, puis par une coalition transpartisane. Récupération ou prise de conscience ? Ses défenseurs veulent que le gouvernement passe des paroles aux actes.
Par Lucas Sarafian
« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »
Entretien 16 juin 2026 abonné·es

« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »

L’engagement de certains candidats sur les crises internationales peut-il devenir un atout électoral en 2027 ? Chercheur en science politique, Élie Michel décrypte les limites du poids de l’international dans la présidentielle à venir.
Par William Jean
La résilience, boussole pour le monde à venir
Inégalités 12 juin 2026 abonné·es

La résilience, boussole pour le monde à venir

Alors que les crises sociales, démocratiques et écologiques nourrissent partout le sentiment d’impuissance, des résistances citoyennes dessinent d’autres possibles. Cécile Duflot plaide pour faire de la résilience collective une force politique capable de combattre les inégalités, défendre l’État de droit et redonner espoir face aux replis nationalistes et aux logiques de renoncement.
Par Cécile Duflot