Hirak : les femmes du Rif au cœur de la lutte

Démarrée il y a neuf mois, la contestation sociale ne perd pas de son ampleur. La mobilisation des Rifaines, dans le pays et au-delà, est la clé de la persistance du mouvement.

La mort de Mouhcine Fikri, vendeur de poisson de 31 ans, le 28 octobre 2016, broyé dans une benne à ordures sur ordre de la police alors qu’il tentait de sauver sa marchandise, a mis le Rif en ébullition. Les juges marocains ont eu beau tenter de rendre un semblant de justice, la situation sociale locale et l’histoire profonde du pays ont rendu la plaie purulente. Hassan II – qui a mené la répression contre le mouvement rifain des années 1958-1959 – avait coutume de surnommer cette population berbère du nord du Maroc les « déchets », les condamnant à errer entre un chômage de masse et une pression sécuritaire sans fin. L’histoire de Mouhcine Fikri, écrasé parmi les détritus, a fait l’effet d’un électrochoc. Depuis plus de neuf mois, les Rifains descendent dans la rue pour manifester contre la hogra – l’humiliation infligée à leur région et à ses habitants. Ce mouvement, nommé « Hirak », s’est propagé dans tout le pays, consolidé par une mobilisation inédite : celle des femmes. « Elles ont été les premières à répandre la nouvelle de la mort de Mouhcine Fikri, affirme Hnia, enseignante à Al Hoceima. Elles sont le cœur du mouvement, ce sont elles qui ont mobilisé autour d’elles et ont entraîné les familles. »

Il reste 90% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents