La meilleure façon de marcher, c’est encore la nôtre !

Le slogan de campagne d’Emmanuel Macron résonne aujourd’hui comme une injonction condescendante, alors nous sommes venus reprendre à Macron ce qu’il nous a piqué.

Patrick Piro  • 26 juillet 2017
Partager :
La meilleure façon de marcher, c’est encore la nôtre !
© photo : Jellel Gasteli / Godong / Leemage / AFP

Des mois qu’on nous mâche « En marche ! », à nous filer des crampes aux neurones. Martelé sur les sentiers escarpés qui mènent au pouvoir, le slogan de campagne d’Emmanuel Macron résonne aujourd’hui comme une injonction condescendante, adressée à des pieds plus qu’aux têtes et aux cœurs. On nous prend pour des godillots. Car enfin, en marche vers quoi ? Macron nous parle comme à une troupe « roupillante » : libérer les énergies, fluidifier, mobiliser… Cet horizon, ce n’est pas « marche et rêve », mais bien le libéralisme et la casse sociale.

Alors nous sommes venus reprendre à Macron ce qu’il nous a piqué. Remettre les mots dans le bon sens, rétablir le juste poids dont les a lestés l’histoire des luttes sociales dans l’imaginaire collectif – aux antipodes de la déambulation solitaire vers la pyramide du Louvre d’un président à peine élu. Raconter comment la marche a permis à des dominés de relever la tête, combien elle a élevé de peuples dans la dignité, et forcé la conquête de leurs droits. Rappeler ces mobilisations qui ont remis sur leurs jambes des millions de personnes prostrées. Reconnaître chez les exilés échoués avec leur baluchon à nos frontières, après des milliers de kilomètres à travers l’Afrique ou le Moyen-Orient, l’expression ultime de leur volonté de survivre, et non d’envahir les pays riches – ce qui devrait forcer le respect et la solidarité.

Également promouvoir les vertus humaines, écologiques et citoyennes de la mobilité sur deux jambes, un « principe anthropologique » longtemps négligé, mais qui connaît aujourd’hui un regain d’intérêt réjouissant. C’est la marche pour tous : accessible à chacun, et d’intérêt collectif.

À lire dans ce dossier :

• De quoi « En marche ! » est-il le nom ?

• Pas à pas,  la conquête  des droits

• Éloge de la lenteur

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique
Analyse 25 février 2026 abonné·es

Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Face à la tentation de renvoyer dos à dos « les extrêmes », aux fractures internes et aux ambiguïtés stratégiques, une question traverse le débat public : en brouillant les repères de son combat historique contre l’extrême droite, la gauche ne risque-t-elle pas de s’égarer elle-même ?
Par Pierre Jacquemain
La République est antifasciste ou elle n’est rien
Intersections 25 février 2026

La République est antifasciste ou elle n’est rien

La France n’en finit pas de renier ses principes fondateurs au profit d’une dérive autoritaire et réactionnaire. Face à cette situation, l’autrice appelle à la lucidité, à l’unité des forces progressistes et à une mobilisation antifasciste.
Par Mimi Aum Neko
« La sécurité n’est pas un gros mot » : à Échirolles, Amandine Demore, maire courage face au narcotrafic
Portrait 24 février 2026 abonné·es

« La sécurité n’est pas un gros mot » : à Échirolles, Amandine Demore, maire courage face au narcotrafic

Dans cette ville de près de 40 000 habitants, en banlieue sud de Grenoble, la maire tente de lutter contre un fléau qui dépasse largement ses pouvoirs. En première ligne, l’édile communiste considère que la gauche a encore « des choses à dire » sur la sécurité.
Par Lucas Sarafian
Municipales 2026 : à Cayenne, l’enjeu sécuritaire dépasse la campagne
Reportage 24 février 2026 abonné·es

Municipales 2026 : à Cayenne, l’enjeu sécuritaire dépasse la campagne

Alors que la campagne des élections municipales débute officiellement dans quelques jours, le thème de la sécurité s’impose comme l’une des priorités des Cayennais. Neuf ans après le mouvement social historique de 2017, l’insécurité continue de structurer le débat public et de façonner les programmes des candidats.
Par Tristan Dereuddre