« Le programme du SPD est inconséquent »
Pour Christoph Butterwegge, Martin Schultz ne s’adresse pas aux travailleurs pauvres, à Die Linke ou aux Verts.
dans l’hebdo N° 1463 Acheter ce numéro

Christoph Butterwegge, spécialiste de la pauvreté et ancien militant du parti social-démocrate, a été l’un des critiques les plus virulents de l’Agenda 2010, programme de réformes de la protection sociale et de dérégulation du marché du travail, mis en place par l’ancien chancelier Gerhard Schröder. Il reproche à Martin Schulz de ne pas proposer une remise en cause claire de cet héritage politique.
Vous aviez dénoncé dès sa mise en œuvre les effets du programme de l’Agenda 2010 sur la société allemande. Quel est aujourd’hui le bilan de cette politique ?
Christoph Butterwegge : L’Agenda 2010 et en particulier son cœur, les « réformes Hartz », ont conduit à une dérégulation massive du marché du travail allemand et à une large expansion des bas salaires. Aujourd’hui, plus de 24 % des travailleurs du pays gagnent moins de 9,30 euros bruts de l’heure ; 1,2 million de salariés touchent des aides sociales normalement réservées aux chômeurs en fin de droits, parce qu’ils ne gagnent pas assez avec leur travail. Nombre de travailleurs sont donc constamment menacés de tomber dans la pauvreté. En cas de maladie grave, par exemple, ils peuvent rapidement ne plus être en situation de subvenir à leurs besoins