Loi travail : derrière le miroir

Prompt à vanter les objectifs de sa réforme du Code du travail, le gouvernement aurait voulu éviter qu’on l’examine trop en détail. Tant de diables s’y nichent…

La pédagogie est, dit-on, l’art de la répétition. En cette période de rentrée scolaire, le gouvernement paraît bien avoir fait de cet adage la maxime de sa communication. Depuis une semaine, ses ministres saturent les antennes et les médias pour « vendre » les bienfaits supposés de leurs ordonnances réformant le code du travail, persuadés qu’ils sont, comme la plupart de leurs prédécesseurs, qu’une réforme est rejetée quand elle n’a pas été assez justifiée et expliquée. Ils martèlent ainsi que « la rénovation de notre modèle social » est « in-dis-pen-sa-ble », que les cinq ordonnances dévoilées le 31 août constituent « une réforme ambitieuse, équilibrée et juste »… Mais un mensonge cent fois répété n’en devient pas pour autant une vérité. Ambitieuse ? Reconnaissons au gouvernement que l’adjectif n’est pas totalement inapproprié s’agissant de caractériser les « 36 mesures concrètes et opérationnelles » contenues dans les 159 pages de ses cinq ordonnances puisque, selon le mot de Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, celles-ci visent rien de moins qu’à « changer l’état d’esprit du Code du travail ». C’est le cas de la fin du principe de faveur et de l’inversion de la hiérarchie des normes à laquelle aboutissent la multiplication des domaines qui relèveront des accords d’entreprise et le transfert aux branches de sujets jusqu’ici définis par la loi. Le cas également de toutes les dispositions visant à simplifier les licenciements et leur coût pour le seul bénéfice de l’employeur dont les actes sont sécurisés, y compris quand il est fautif, alors que le code du travail était jusqu’ici destiné à protéger le salarié.

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