Tollé général contre la réforme fiscale

Le choix assumé par le gouvernement d’alléger considérablement les impôts des plus fortunés a provoqué de nombreuses réactions, jusque dans les rangs de la droite et chez les députés « constructifs ».

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Suppression partielle de l’impôt sur la fortune, super-bouclier fiscal à 30 % sur les revenus du capital (dite « flat tax »), suppression de l’impôt sur les hauts salaires de banquiers et assureurs : les millionnaires sortent grands gagnants du choc fiscal annoncé mercredi par le gouvernement, dans le cadre du budget 2018.

Hormis dans les rangs de La République en marche et dans les milieux d’affaires, les réactions ont été particulièrement critiques. Même les députés LR sont gênés aux entournures et préparent des amendements pour que la suppression de l’ISF n’entraîne pas une défiscalisation « des signes extérieurs de richesse », comme les yachts. « Le projet de loi de finances [...] frappe de plein fouet les classes moyennes », dénonce même le vice-président du groupe LR, Damien Abad.

Plus surprenante encore, la réaction du député UDI-LR-Constructifs, Philippe Vigier :

[Ce budget] multiplie les attaques contre le pouvoir d’achat des plus fragiles. Il ne contient aucune mesure d’envergure pour faire des territoires le moteur de la croissance [et] cache une attaque inacceptable contre le monde agricole

Le Parti socialiste dénonce à son tour une « injustice sociale et fiscale ». Et Europe Écologie-Les Verts « s’alarme du creusement des inégalités que [ce budget] causera dans un pays où 10 % des Français-e-s détiennent déjà plus de 50 % des richesses ».

« Le budget le plus injuste de la Ve république »

À gauche, on attire aussi l’attention sur le coût social de cette réforme fiscale et des 15 milliards d’euros d’économies annoncées par le gouvernement. Une austérité qui impactera fortement la politique de l’emploi (contrats aidés et subventions) et le logement social.

« C’est un budget écrit par les riches, pour les riches », fustigent aussi les députés communistes Jean-Paul Dufrègne et Fabien Roussel, tandis que la France insoumise (FI) tance « le budget le plus injuste socialement et le plus austère de la Ve république ». Les députés FI annoncent la présentation, fin octobre, d’un contre-projet de budget et réfutent l’idée selon laquelle « cette politique en faveur des plus riches crée de l’emploi » : « Comme depuis vingt ans, c'est l’inverse qui va se produire », écrivent-ils dans un communiqué.

Attac s’alarme que « ces cadeaux fiscaux aux ultra-riches soient financés par des coupes budgétaires sévères, de l’ordre de 8 milliards d’euros [pour le seul budget de l'État, NDLR] en 2018, et de 60 milliards sur le quinquennat. » L’association altermondialiste pointe aussi la baisse de l’aide au développement et l’abandon de la taxe sur les transactions financières intrajournalières (hautement spéculatives) votée fin 2016 mais pas encore appliquée. « Rarement une loi de finances a été aussi injuste, et favorable aux détenteurs du capital », s’indigne l’association.

Sur ce sujet, la CGT dénonce aussi « une supposition purement idéologique puisque rien ne prouve que ces cadeaux se transformeront en investissements ». Le syndicat estime que ce budget oublie « le rôle et la responsabilité du système bancaire dans le financement de “l’économie réelle“ ». Avec une mention spéciale pour la Banque publique d’investissement.

Le Réseau Action Climat « salue l’augmentation de la fiscalité écologique », mais regrette le maintien des niches fiscales sur les activités polluantes, comme le kérosène du transport aérien.


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