Le casse-tête catalan

Prise au dépourvue par l’impasse de la crise catalane, l’Union européenne a pris le parti de Madrid, incapable d’envisager la création d’un nouvel État en son sein ni même d’organiser une médiation.

Patrick Piro  • 18 octobre 2017 abonné·es
Le casse-tête catalan
© photo : PAU BARRENA/AFP

La pression est encore montée d’un degré dans la cocotte catalane. Ultimatum final, Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol, veut savoir avant jeudi 19 octobre si Carles Puigdemont déclare formellement l’indépendance de la Catalogne. Lors du référendum du 1er octobre (interdit par Madrid), plus de 90 % des électeurs (43 % de participation) ont voté « pour », mais le président de la région entretient le flou sur le passage à l’acte, se donnant « deux mois » pour obtenir l’ouverture d’un « dialogue » avec le gouvernement central. Comprendre : pour fixer les modalités d’un départ de la Catalogne. Et laisser à Rajoy, qui veut un retour « à l’État de droit » avant toute discussion, la responsabilité de l’intransigeance : la suspension annoncée de tout ou partie du statut d’autonomie actuel de la Catalogne. Comme Franco en 1939. La mesure n’a jamais été utilisée en Espagne depuis l’instauration de la démocratie en 1977.

Jamais l’Union européenne n’avait eu à affronter en son sein une crise territoriale aussi aiguë depuis sa création. Alors que les autorités au pouvoir en Catalogne sollicitent en vain, et depuis longtemps, une médiation communautaire pour faire valoir leurs aspirations indépendantistes, une ligne de conduite domine depuis le 1er octobre à

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