Pauvreté : pour Macron, rien ne presse

À l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, le chef de l’État a lancé ce matin une concertation.

Jean-Claude Renard  • 17 octobre 2017
Partager :
Pauvreté : pour Macron, rien ne presse
© photo : LUDOVIC MARIN / AFP

L’initiative est née en France il y a trente ans. Le 17 octobre est, depuis, la Journée mondiale du refus de la misère. Celle-ci n’a jamais été à ce point criante. En effet, selon l’Observatoire des inégalités, 5 millions de personnes en France vivent avec moins de 846 euros par mois, ce qui représente 50 % du niveau de vie médian, tandis que près de 9 millions personnes vivent avec moins de 1 015 euros par mois, soit 60 % du niveau de vie médian.

Le taux de pauvreté moyen en France est d’un peu plus de 14 %, mais s’élève à 20 % chez les jeunes : c’est-à-dire qu’un enfant sur cinq, soit 3 millions d’enfants, vit sous le seuil de pauvreté (chiffres Insee). La situation ne cesse de s’aggraver : « Un million de personnes supplémentaires, dont 400 000 enfants, vivent sous le seuil de pauvreté depuis la crise de 2008 », a déclaré ce mardi sur France Info Florent Gueguen, directeur de la fédération des acteurs de la solidarité.

Pour l’association ATD-Quart Monde, si 35 % des personnes ayant droit au RSA ne réclament pas cette aide, c’est la preuve que les politiques actuelles, avec leurs lourdeurs administratives, ne fonctionnent pas.

À l’occasion de cette journée, le chef de l’État a lancé ce matin une concertation pour une nouvelle politique de lutte contre la pauvreté, visant principalement l’enfance et la jeunesse, privilégiant la prévention et l’investissement social. Après concertation avec les acteurs de la lutte contre la pauvreté, le gouvernement entend élaborer une stratégie, sous la houlette d’un délégué ministériel, mais pas avant le printemps, autour de mars ou avril. Pour éradiquer la pauvreté, rien ne presse, Emmanuel Macron n’a pas jugé bon de légiférer par ordonnances.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Un mur, ça se monte, ça se démonte » : la France insoumise rêve de casser la finance
Économie • 6 novembre 2026 abonné·es

« Un mur, ça se monte, ça se démonte » : la France insoumise rêve de casser la finance

Derrière certaines formules provocatrices, Jean-Luc Mélenchon et les siens espèrent surtout sortir la France de sa dépendance aux marchés financiers. Et rêvent de remettre de la politique dans un débat public obsédé, selon eux, par la « métaphysique du marché ».
Par Lucas Sarafian
Les insoumis rêvent d’élargissement mais le reste de la gauche préfère attendre
Analyse • 6 novembre 2026 abonné·es

Les insoumis rêvent d’élargissement mais le reste de la gauche préfère attendre

La France insoumise négocie avec Génération.s, certains députés écolos poussent pour un rapprochement, le chef de file des députés communistes vient de se rallier. Jean-Luc Mélenchon aimante la gauche. Mais l’OPA se fait encore attendre.
Par Lucas Sarafian
Avec son nouveau programme, LFI veut plier le match des idées
Politique • 6 novembre 2026

Avec son nouveau programme, LFI veut plier le match des idées

Avec 1 069 mesures, les insoumis dévoilent une mouture mise à jour de L’Avenir en commun. Entre nouveautés écologiques, droits inédits et marqueurs historiques, le mouvement entend imposer ses idées dans le débat public et ainsi prendre une longueur d’avance dans la course présidentielle.
Par Lucas Sarafian
« Les interdictions de manifestation révèlent un affaiblissement préoccupant de l’État de droit »
Entretien • 3 novembre 2026 abonné·es

« Les interdictions de manifestation révèlent un affaiblissement préoccupant de l’État de droit »

Nathalie Tehio, avocate et présidente de la Ligue des droits de l’Homme, décrypte les mécanismes du virage autoritaire et appelle à une mobilisation collective pour défendre les libertés fondamentales.
Par Pierre Jacquemain