Se parler, un processus décisionnel
Certains modes de décision rénovent l’idée de démocratie en impliquant davantage les citoyens, à l’échelle d’un quartier, d’un village ou d’un mouvement.
dans l’hebdo N° 1473 Acheter ce numéro

L’espoir d’une démocratie plus participative a guidé les participants de Nuit debout pendant plus de trois mois. La parole libre de l’assemblée populaire s’est quotidiennement heurtée aux difficultés de se concrétiser en actes, et le vote, souvent controversé, s’est finalement révélé indispensable. Le processus de la prise de décision est devenu progressivement le garant de la légitimité démocratique et un terrain d’expérimentations. La commission démocratie a tenté de changer les règles en échelonnant le scrutin sur une semaine entière pour laisser le temps de débattre et d’amender les propositions, sur la place ou en ligne. Mais les blocages ont perduré. La parenthèse Nuit debout s’est inspirée de différents mouvements, comme Occupy Wall Street ou les Indignés en Espagne, et, malgré les échecs, a fait émerger l’utopie d’une société dans laquelle parler ensemble pour mieux décider serait le maître mot, comme cela se fait dans quelques poches de résistance, en France et ailleurs.
À Trémargat, l’important c’est de participerAu cœur de la Bretagne, un petit village de 200 habitants résiste avec vigueur aux méandres de la politique traditionnelle. À Trémargat (Côtes-d’Armor), les habitants votent, comme ailleurs. Mais l’esprit de la démocratie participative prend vie au moment des élections municipales. Depuis 1995, le maire ne peut exercer plus d’un mandat et le scrutin uninominal n’a pas lieu d’être. Deux réunions publiques permettent de faire le bilan de la mandature passée, de choisir des projets pour la commune et de voir émerger des candidats prêts à les mener. « Les électeurs sont assurés que leur vote débouchera sur des réalisations. » Des commissions participatives, composées à